Thèse sur l’encadrement juridique du travail domestique au Burkina Faso

En France, Ophelie Konsimbo, une étudiante a soutenu sa thèse le 22 mai 2026 à l’Université de Bordeaux sur l’encadrement juridique du travail domestique au Burkina Faso.

La thèse soutenue sous la direction de Bénédicte Lavaud-Legendre a pour thème : « L’encadrement juridique du travail domestique au Burkina Faso. Contribution à l’étude des domesticités africaines ».

Les membres du jury de cette soutenance sont :

  • Monsieur ZAKANE Vincent, Professeur à l’Université Thomas Sankara , Ouagadougou, Burkina Faso
  • Madame Lorena Poblete, Professeure à l’Université de San Martin, Buenos Aires, Argentine
  • Madame Adelle Blackett, Professeure à l’Université McGill, Montréal, Canada
  • Monsieur Fabrice Hourquebie, Professeur à l’Université de Bordeaux

Cette thèse sur l’encadrement juridique du travail domestique au Burkina Faso intervient quelques jours après l’adoption d’un nouveau Code du travail au Burkina Faso.

Ce que prévoit le Code du travail au Burkina Faso comme nouveauté

Les innovations de ce texte sont :

-la limitation du nombre de renouvellements du contrat de travail à durée déterminée (CDD). En effet, le CDD ne peut pas être renouvelé plus de deux fois avec le même travailleur. Il ne peut être conclu un CDD plus de trois fois avec le même travailleur dans la même entreprise de façon continue ou discontinue ;

-l’encadrement de l’exercice des activités de travail temporaire à travers, entre autres, la limitation de la durée de mise à disposition d’un travailleur à un an, la fixation du principe d’égalité de rémunération entre le travailleur temporaire ou intérimaire et celui de l’entreprise utilisatrice ayant la même qualification professionnelle et occupant le même emploi et la limitation des cas dans lesquels une entreprise utilisatrice peut recourir au travail temporaire ;

– l’institution et l’encadrement du télétravail eu égard aux nouvelles formes d’organisation du travail et tenir compte de l’évolution des nouvelles technologies et de la Covid 19 ;

-le relèvement du montant des dommages et intérêts de 18 mois à 24 mois de salaire pour les travailleurs afin de limiter les abus en matière de licenciement ;

-le relèvement du seuil pour faire appel en cas de jugement de 200 000 FCFA à 1 000 000 FCFA pour limiter les abus en matière d’appel ;

-l’amélioration de la procédure de la gestion des conflits collectifs de travail à travers la fixation d’un délai de trois mois au conseil d’arbitrage pour rendre la sentence arbitrale afin d’accélérer la procédure et lever les restrictions du droit de grève et l’instauration du pourvoi en cassation en cas du refus d’une des parties ;

-l’encadrement de l’embauche des travailleurs non nationaux à travers l’autorisation préalable du service public d’emploi pour tout employeur qui veut recruter un travailleur non national non-résident, l’obligation de disposer d’un permis de travail et l’obligation de viser le contrat de travail du non national non résident avant tout début d’exécution du contrat de travail ;

-la prise en compte du harcèlement moral et la redéfinition du harcèlement sexuel en milieu de travail pour permettre la poursuite judiciaire des personnes coupables de tels actes ;

– l’harmonisation de la durée du contrat de travail à durée déterminée à deux ans pour les nationaux et les non nationaux pour lever la discrimination qui défavorisait les travailleurs nationaux ;

– l’obligation de renouveler le visa du contrat de travail à durée indéterminée du travailleur non national non résident tous les deux ans afin de mieux surveiller le recours à l’expertise étrangère ;

– la reconnaissance de la force majeure comme une cause de mise en chômage technique et non une cause de suspension systématique sans solde du contrat de travail ;

– l’augmentation de la durée de la période de suspension de six à dix mois du contrat du travailleur détenu qui n’a pas commis de faute professionnelle pour mieux protéger les travailleurs dans cette situation ;

– l’augmentation de la durée du repos pour allaitement de 14 mois à 15 mois au profit de la femme salariée pour une harmonisation avec la durée du repos pour allaitement de la femme fonctionnaire ;

– l’augmentation de la durée maximum des permissions exceptionnelles de dix (10) à quinze (15) jours pour des événements à caractère social touchant le travailleur ;

– l’institution du prélèvement volontaire à la source des cotisations syndicales appelées check-off ou précompte syndical pour faciliter le recouvrement des cotisations des syndicats ;

– la mise en place du Comité de sécurité et santé au travail à partir de vingt-cinq (25) travailleurs au lieu de trente (30) pour améliorer la sécurité et la santé au travail d’un plus grand nombre de travailleurs.

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