L’opposition sud-soudanaise a accusé lundi 23 février 2026 les forces gouvernementales d’avoir commis un « massacre » d’au moins 25 civils, dont des femmes et des enfants, dans le centre-est du Soudan du Sud, où les combats font rage.
Les violences se sont intensifiées ces dernières semaines entre l’armée loyale au président Salva Kiir et des milices soutenant son rival de longue date Riek Machar, placé depuis de longs mois en résidence surveillée.
Les hôpitaux sont débordés dans l’Etat de Jonglei (centre-est), où le gros des combats ont lieu et où au moins 280.000 personnes ont été déplacées, selon l’ONU.
D’après le Mouvement populaire de libération du Soudan dans l’opposition (SPLM-IO), parti de Riek Machar, un rassemblement, samedi matin, de villageois à Pankor, dans le comté d’Ayod – un des foyers des combats dans le nord de l’Etat de Jonglei – s’est transformé en « piège mortel ».
Les forces gouvernementales « ont sommairement arrêté, torturé et tué au moins 25 civils, dont la plupart étaient des femmes et des enfants », a affirmé Oyet Nathaniel Pierino, président par intérim du SPLM-IO, dans un communiqué.
Des images d’une extrême violence étaient incluses dans le communiqué, montrant des cadavres de bébés, d’enfants, de femmes et de jeunes hommes. La plupart présentaient des blessures par balle visibles et plusieurs étaient brûlés.
L’AFP n’a pas pu vérifier où et quand les images avaient été prises.
Le porte-parole de l’armée, Lul Ruai Koang, a déclaré à l’AFP qu’il ne pouvait pas commenter ces accusations sans l’autorisation de ses supérieurs.
Une précédente série de dix photos extrêmement choquantes avait été envoyée dimanche à l’AFP par une source diplomatique.
Certaines des images, montrant trois femmes, deux enfants et sept hommes tués apparemment par balles, étaient identiques à celles diffusées dans le communiqué de l’opposition.
L’AFP n’a pas non plus pu vérifier où ces dix images transmises par la source diplomatique avaient été prises, mais neuf d’entre elles n’avaient pas été publiées en ligne avant le 22 février, ce qui suggère qu’elles ne provenaient pas d’événements antérieurs.
Au moins trois des hommes sur les images semblent avoir les bras liés dans le dos, laissant supposer d’éventuelles exécutions sommaires.
Des combats avaient entre 2013 et 2018 opposé les partisans de M. Kiir à ceux de M. Machar, issus respectivement des communautés dinka et nuer – les deux plus importants groupes de la mosaïque ethnique sud-soudanaise. Plus de 400.000 personnes avaient alors péri.
Le mois dernier, un général de haut rang, Johnson Olony, avait été filmé en train d’ordonner aux troupes de n' »épargner aucune vie » dans le Jonglei. Le gouvernement avait estimé que ces propos « pourraient avoir été un lapsus ».
« Notre gouvernement est censé protéger nos vies mais, malheureusement, il s’est retourné contre nous, a déploré une infirmière dans l’Etat de Jonglei, jointe au téléphone par l’AFP. Notre espoir est perdu. »