Le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat au Maroc a pris position concernant les Sénégalais en détention depuis la fin de la CAN 2025.
L’information relayée vendredi par l’Agence France-Presse évoquant une grève de la faim des ressortissants sénégalais arrêtés après les violences du 18 janvier dernier est jugée sans fondement par le magistrat.
Dans un communiqué, le parquet marocain réfute point par point les allégations transmises par l’avocat des détenus.
Dix-huit supporters sénégalais attendent leur jugement depuis la finale de la Coupe d’Afrique des Nations qui s’est achevée dans la confusion au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Leur conseil, Me Patrick Kabou, avait déclaré à l’AFP que ses clients avaient cessé de s’alimenter pour protester contre ce qu’ils estiment être un déni de justice. Toutefois, selon le procureur, « les intéressés bénéficient normalement et régulièrement des repas fournis par l’établissement pénitentiaire ».
Les prévenus reprochaient notamment l’absence d’interprète lors de leurs interrogatoires. Ils affirment ne comprendre que le wolof et contestent avoir pu s’exprimer correctement durant les auditions menées en français et en arabe.
Le parquet balaye ces griefs. Il rappelle que l’article 21 du Code de procédure pénale marocain n’impose pas le recours à un interprète lorsque l’officier de police judiciaire maîtrise la langue de la personne entendue. « Les procès-verbaux établis pour l’ensemble des détenus mentionnent que le contenu du procès-verbal a été lu et traduit à la personne auditionnée », précise le communiqué.
Concernant les audiences devant le tribunal, le magistrat assure qu’un interprète assermenté a traduit les débats en français, langue comprise par tous les détenus sans exception. Lors de la comparution du 5 février, un avocat inscrit au barreau de France s’est entretenu directement avec les Sénégalais dans cette langue. Bref, le parquet considère que le droit à la défense a été respecté.
Quant aux reports successifs du procès, le procureur détaille la chronologie. La première audience s’est tenue le 22 janvier 2026. Elle a été renvoyée au 29 janvier à la demande des prévenus eux-mêmes qui souhaitaient préparer leur défense.
Le dossier a ensuite été programmé au 5 février, date à laquelle l’avocat français n’était pas accompagné d’un confrère disposant d’une adresse au Maroc, condition nécessaire dans le système judiciaire marocain. L’affaire a donc été reportée au 12 février 2026, toujours à la demande unanime des détenus qui réclamaient un délai supplémentaire pour assurer leur défense.
Les faits remontent à la finale remportée par le Sénégal après prolongations. Des tentatives d’envahissement du terrain avaient émaillé la fin de rencontre, notamment au moment d’un penalty accordé au Maroc. Les dix-huit ressortissants sénégalais sont poursuivis pour hooliganisme, chef d’accusation qui regroupe les violences contre les forces de l’ordre, les dégradations d’équipements sportifs et les jets de projectiles.
Selon les informations rapportées par l’AFP, les détenus auraient écrit qu’ils entamaient un jeûne continu dans la prière jusqu’à ce que la justice leur donne l’opportunité de s’exprimer. Le procureur du Roi conteste fermement cette version des faits. Il qualifie les informations publiées de totalement infondées et soutient que les prévenus ont bénéficié de toutes les garanties procédurales prévues par la loi marocaine.