Le mardi 13 janvier 2026 à Diamniadio au Sénégal, Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce, a convoqué les acteurs de la filière arachidière.
Il a annoncé la levée des restrictions sur les exportations de graines. C’est une décision attendue depuis des semaines par les opérateurs de la Copega, cette confédération qui regroupe les professionnels du secteur.
Dakar fixe le volume autorisé entre 300 000 et 450 000 tonnes. Les premiers départs vers la Chine devraient intervenir dans les prochains jours. Habib Diaw, président de la Copega, confirme le démarrage effectif des opérations commerciales dès cette semaine. Le prix plancher reste établi à 305 francs CFA le kilogramme, identique à la campagne précédente.
La production nationale atteint 969 000 tonnes cette année selon les estimations du ministère de l’Agriculture. Un volume qui dépasse largement les capacités d’absorption des huileries locales. La Sonacos, principal transformateur du pays, prévoit de collecter entre 250 000 et 450 000 tonnes auprès des producteurs et commerçants. Les points de vente se multiplient pour les cultivateurs. Enfin, les autorités espèrent ainsi fluidifier le marché et améliorer les revenus agricoles.
Le gouvernement supprime également la taxe de 40 francs par kilogramme qui pesait sur les exportations. Cette mesure fiscale devrait prendre effet dès que les volumes expédiés franchiront le seuil de 100 000 tonnes. En contrepartie, les opérateurs s’engagent à rapatrier les devises issues de leurs transactions internationales. Un engagement pris devant le ministre lors de la réunion de Diamniadio.
Selon RTS, Serigne Guèye Diop a déclaré : « À partir d’aujourd’hui, nous avons décidé, avec la collaboration de tous les acteurs, d’autoriser l’exportation de l’arachide vers la Chine et d’autres pays. »
Le ministre insiste sur les exigences de qualité, la traçabilité des quantités et le contrôle douanier. Des instructions ont été transmises aux services de la Protection des végétaux et aux douanes pour faciliter les procédures tout en maintenant la surveillance.
Les discussions avec l’ambassadeur sénégalais à Pékin confirment l’appétit des partenaires chinois. Les acheteurs asiatiques se montrent prêts à absorber les volumes proposés dans les conditions fixées par Dakar. Cette ouverture intervient après une suspension des exportations maintenue depuis octobre 2024. L’État souhaitait alors sécuriser l’approvisionnement des usines locales et garantir les stocks de semences pour la prochaine campagne.
La collecte nationale affiche 97 009 tonnes au 11 janvier, soit près de 20 000 tonnes de plus qu’à la même période l’an dernier. Les chiffres du ministère de l’Agriculture montrent une dynamique soutenue dans le bassin arachidier. Bref, les producteurs répondent présent malgré les difficultés logistiques rencontrées dans certaines zones de Kaolack et Kaffrine.
Cette libéralisation partielle répond aux pressions exercées par les cultivateurs confrontés à l’accumulation de leurs stocks. La visite du Premier ministre Ousmane Sonko dans le bassin arachidier, quelques jours auparavant, avait permis de mesurer l’urgence de la situation. Les producteurs dénonçaient des circuits de commercialisation engorgés et réclamaient des débouchés supplémentaires.