Sénégal : la cause du décès de l’étudiant en médecine survenu pendant une intervention policière élucidée

Crédit photo : BBC

L’étudiant en médecine décédé le 9 février à l’université de Dakar au Sénégal pendant une intervention policière est mort suite à un « polytraumatisme« , « compliqué d’hémorragies internes massives« , indique un rapport d’autopsie cité dans les médias sénégalais ce weekend, qui écarte « une cause naturelle isolée« .

Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, est décédé sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) dans des circonstances encore non élucidées pendant une intervention policière après plusieurs jours de manifestations violentes pour contester une réforme du paiement des bourses et réclamer le paiement d’arriérés. Son décès a suscité l’émoi dans le pays.

Un rapport d’autopsie largement diffusé dans les médias mais que l’AFP n’a pas vérifié indépendamment, fait état de plusieurs traumatismes au niveau du thorax et du crâne, « compliqué(s) d’hémorragies internes massives« , permettant « d’écarter une cause naturelle isolée« .

Les constats du rapport « orientent vers un mécanisme traumatique majeur ayant entraîné une défaillance cardio-respiratoire aiguë secondaire à des hémorragies internes multiples« .

Toutefois, le procureur de la République a estimé dans un communiqué que « les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime« .

Ces propos du procureur ont fait réagir le collectif des Amicales de l’UCAD, l’accusant « d’entretenir la confusion ».

« Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de décès du camarade Abdoulaye Ba« , a réagi dans un communiqué ce 16 février 2026 le collectif, mouvement étudiant porteur de la contestation qui a menée aux heurts avec la police.

Ce même collectif avait affirmé la semaine dernière que l’étudiant avait été « torturé à mort par les policiers« .

Lors d’une conférence de presse, le gouvernement a qualifié de « tragédie » le décès de l’étudiant et admis des « bavures policières« .

Mais le ministre de l’Intérieur Mouhamadou Bamba Cissé a aussi justifié l’intervention du 9 février en accusant, vidéos à l’appui, des étudiants d’avoir voulu détruire des infrastructures de la cité universitaire.

Des vidéos filmées par des étudiants et diffusées sur les réseaux sociaux témoignent de la violences des heurts à l’UCAD entre forces de sécurité et étudiants.

Sur certaines images, des membres des forces de sécurité sont vus en train de pénétrer dans l’enceinte de l’université, tirant du gaz lacrymogène dans les pavillons tandis que des étudiants ripostent avec des jets de pierre.

Sur l’une d’elles, authentifiée par l’AFP, on voit des policiers frapper avec des matraques un homme hurlant.

Avec AFP

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