En ce qui concerne l’objectif « Faim Zéro » (ODD 2), le Togo affiche un bilan en demi-teinte. La note globale du pays est restée bloquée à 54,9 sur 100 entre 2021 et 2025.
Pourtant, derrière cette apparente stagnation, une excellente nouvelle se cache : la faim et la malnutrition reculent de manière spectaculaire dans le pays grâce à un boom de la production locale.
La grande victoire : la malnutrition divisée par deux en quelques années
Le Togo enregistre des progrès impressionnants dans la lutte contre la sous-alimentation. Les chiffres de l’ONU et de la FAO montrent une chute historique :
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En 2018 : 20,7 % de la population souffrait de malnutrition.
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En 2021 : Ce taux est tombé à 17,4 %.
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Sur la période 2022-2024 : Selon le dernier rapport mondial de la FAO, la malnutrition s’effondre pour atteindre 9,1 %.
En clair, la part de Togolais souffrant de malnutrition a été divisée par deux en moins de dix ans.
Viande, œufs, poisson : le boom de la production togolaise
Si les Togolais mangent mieux, c’est parce que l’élevage et la pêche tournent à plein régime. Entre 2021 et 2023, la production locale a explosé dans presque tous les secteurs :
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La viande : En hausse de +14,1 %, pour atteindre 68 000 tonnes.
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Les œufs : Une augmentation massive de +21 %, atteignant 12,5 mille tonnes d’œufs de table.
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Le poisson (secteur halieutique) : Une croissance spectaculaire de +28,7 % (24,2 mille tonnes en 2023).
Ce poisson provient principalement de la pêche artisanale en mer et dans les fleuves. Mais la vraie surprise vient de la pisciculture (l’élevage de poissons) : bien qu’encore petite, sa production a bondi de +87,8 % en deux ans !
Pourquoi la note du Togo stagne-t-elle ? Les deux points faibles
Si la malnutrition baisse et l’élevage progresse, pourquoi la note globale du Togo n’augmente-t-elle pas ? Le rapport pointe du doigt deux freins majeurs :
1. Des rendements agricoles trop faibles pour les céréales
Le Togo produit beaucoup de céréales (maïs, riz, mil), mais ses terres ne sont pas assez productives à l’hectare :
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Au Togo : Le rendement moyen est de seulement 1,2 tonne par hectare (t/ha).
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En Afrique subsaharienne : La moyenne est de 1,6 t/ha.
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Dans le monde : La moyenne mondiale grimpe à 4,2 t/ha.
Le rapport note d’ailleurs de fortes inégalités entre les régions : le Centre (1,34 t/ha) et les Plateaux (1,33 t/ha) s’en sortent beaucoup mieux que la Maritime (0,92 t/ha) et la Kara (0,83 t/ha).
2. Une hausse inquiétante de l’obésité chez les adultes
C’est le deuxième paradoxe de ce rapport. En même temps que la sous-nutrition recule, le surpoids progresse. Le taux d’obésité chez les adultes togolais est passé de 8,4 % en 2016 à 11,6 % en 2022, ce qui pénalise le score de santé global du pays.
En résumé : Le Togo est sur la bonne voie pour nourrir sa population grâce à une production locale de viande et de poisson en forte hausse, ce qui a permis de faire reculer la faim. Le défi des prochaines années sera d’aider les agriculteurs à moderniser leurs cultures de céréales pour produire plus sur les mêmes surfaces, tout en surveillant l’alimentation pour éviter la hausse des maladies liées à l’obésité.