Secteur minier : le Nigeria veut transformer ses minerais plutôt que de les exporter bruts

Nigeria pousse pour industrialiser son secteur minier

Crédit photo : DR

Le Nigeria pousse pour industrialiser son secteur minier. Avec un sous-sol riche, le pays d’Afrique de l’Ouest veut renforcer la transformation de ses matières premières. Et pour y arriver, les autorités recherchent des investissements dans le secteur minier.

Lors du salon TICAD Business Expo & Conference au Japon, le ministre des minéraux solides du Nigeria, Dele Aleke a trouvé chaussure à son pied.

Il a eu l’occasion de présenter les actions du gouvernement de Bola Tinubu pour favoriser les investissements étrangers, selon les informations postées sur son son compte X, le 21 août 2025.

« L’une des mesures les plus importantes que nous avons prises consiste à ne plus nous contenter d’exporter des minerais solides bruts. Notre politique vise désormais à créer de la valeur ajoutée dans notre pays », a indiqué le ministre.

Au cours des deux dernières années seulement, cette approche a attiré environ 800 millions de dollars d’investissements dans des usines minières.

Trois grandes usines sont déjà en place et se préparent à être inaugurées. Il s’agit d’une avancée majeure pour la création d’emplois, l’augmentation des recettes publiques et le renforcement des capacités réelles du pays », a-t-il indiqué.

« Le Nigeria est ouvert à de véritables partenariats avec des sociétés minières étrangères. Nous recherchons des investisseurs prêts à mener des activités légitimes, qui contribueront à créer des emplois, paieront leurs impôts et transféreront des technologies qui renforceront notre économie.

Dans le même temps, nous comprenons les besoins des investisseurs, c’est pourquoi le gouvernement veille à ce que les entreprises étrangères puissent facilement rapatrier leurs bénéfices lorsqu’elles le souhaitent », a-t-il ajouté.

Les pays africains tournés vers le développement industriel

En Afrique, le chemin de la prospérité passe par le développement industriel. Avec sa main-d’œuvre jeune, ses abondantes ressources naturelles et ses marchés intérieurs en pleine croissance, le continent dispose du potentiel nécessaire pour devenir la prochaine frontière mondiale du développement industriel.

Toutes les stratégies de développement de l’Afrique – depuis les Objectifs de développement durable jusqu’au Plan d’action pour le développement industriel accéléré de l’Afrique (2011) de l’Union africaine, en passant par l’Agenda 2063 – identifient l’essor industriel comme la pierre angulaire de la croissance inclusive, de la création d’emplois décents et de la réalisation de nombreux autres objectifs de développement.

L’industrialisation constitue également une priorité stratégique pour la Banque africaine de développement (BAD), aussi bien dans le cadre de sa Stratégie décennale (2013–2022) que dans celui de ses 5 grandes priorités, les « High5 ».

Au titre de sa stratégie « Industrialiser l’Afrique », la Banque s’emploie à appuyer les pays africains dans leur industrialisation et dans la valorisation de leur potentiel économique.

L’Afrique tire des leçons de la COVID-19 et du conflit entre l’Ukraine et la Russie

L’impact de la pandémie de COVID-19, qui a bouleversé les équilibres du commerce mondial et créé un choc de l’offre et de la demande sans précédent à l’échelle planétaire, a illustré de manière concrète le type de menace qui plane sur une région qui, comme l’Afrique, repose trop sur les fournisseurs et les acheteurs externes.

La survenue du conflit entre l’Ukraine et la Russie, qui a provoqué une hausse soudaine des prix de l’énergie et des autres matières premières, perturbant à nouveau les chaînes d’approvisionnement mondiales, a encore davantage exacerbé la vulnérabilité du continent, sans même qu’il n’ait eu le temps de se rétablir de la crise du COVID-19.

Face à cette situation, et dans le contexte plus large du changement climatique, qui exhorte les pays africains à renforcer leur capacité de résilience, un consensus émerge selon lequel les gouvernements africains doivent promouvoir plus activement le développement industriel, non seulement en créant les conditions favorables à l’industrialisation – l’équipement en infrastructures, la qualification de la main-d’œuvre et l’amélioration du climat d’investissement –, mais aussi en identifiant et en soutenant les industries naissantes. Un certain nombre de pays africains dont le Nigeria se sont engagés dans cette voie ces dernières années.

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp