Des voix s’élèvent de plus en plus fort au Cameroun pour dénoncer la gestion de Samuel Eto’o à la présidence de la FECAFOOT. Nous vous faisons le point.
Des acteurs influents du football, représentés par l’avocat Me Emmanuel Nsahlai, ont récemment saisi le ministère des Sports, la CAF et la FIFA. Leur démarche vise à demander des sanctions provisoires et un audit en profondeur de l’instance.
D’abord, les plaignants ont rappellé la condamnation de Samuel Eto’o en Espagne pour fraude fiscale. Ils estiment que ce passé judiciaire fragilise la crédibilité du dirigeant au plan international. Ensuite, ils ont évoqué un possible détournement de fonds liés à des matchs amicaux.
Selon eux, des montants importants, comme les 455 000 euros versés par la Fédération russe en 2023 ou encore 600 000 dollars après un match contre le Mexique, auraient transité par des comptes personnels plutôt que par les caisses de la FECAFOOT. Ces accusations, si elles s’avéraient exactes, constitueraient une atteinte grave à la gouvernance de l’institution.
Par ailleurs, les contestataires ont dénoncé un conflit d’intérêts. Le président de la FECAFOOT a en effet signé un contrat d’ambassadeur avec la société de paris 1xBet, ce qui lui a déjà valu une lourde amende de la part de la CAF.
Ils ont ajouté aussi des accusations de manipulation électorale et de suspensions arbitraires de membres du Comité exécutif. Selon eux, ces méthodes viseraient à écarter toute opposition et à verrouiller la gestion interne avant les prochaines élections.
De plus, certains acteurs parlent ouvertement de corruption et de tentatives de trucage de matchs. Ces allégations, relayées jusque devant les instances internationales, ternissent l’image de la FECAFOOT et jettent une ombre sur le football camerounais.
À cela s’ajoute la suspension temporaire infligée par la FIFA en 2024, qui a empêché Samuel Eto’o d’assister aux rencontres des Lions Indomptables du Cameroun pendant six mois.
Face à cette accumulation de griefs, les plaignants exigent une réponse ferme. Ils ont demandé l’application des lois nationales, un examen des statuts de la FECAFOOT et la mise en place d’une suspension provisoire de Samuel Eto’o.
Ils ont également plaidé pour un audit indépendant capable de faire la lumière sur la gestion financière et administrative de la fédération.
La présidence de Samuel Eto’o traverse ainsi une zone de turbulences sans précédent. L’ancien attaquant vedette se retrouve à nouveau confronté à une crise de confiance majeure. Le dossier, explosif, pourrait bien redessiner l’avenir du football camerounais dans les prochains mois. Nous y reviendrons.