À la tête de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o fait face à des défis bien au-delà du terrain.
Le célèbre ancien attaquant explique que la majorité des difficultés qu’il rencontre ne provient pas de la gestion du football, mais de perceptions erronées autour de ses ambitions politiques.
Dans un entretien accordé à Le Monde, Samuel Eto’o a déclaré : « 99 % de mes problèmes viennent du fait que les gens pensent que je veux devenir chef d’État ».
Selon lui, cette idée fausse s’est immiscée partout et complique son action au sein de la Fecafoot. « Devenir président du Cameroun ? Cette question m’apporte 99 % des difficultés que je rencontre aujourd’hui, parce que les gens constatent que je suis encore plus populaire que lorsque j’étais joueur et se disent : “C’est sûr qu’il veut devenir chef d’État.” Cela me crée des problèmes, même avec ceux qui sont tapis dans l’ombre et qui attendent l’opportunité d’accéder au pouvoir », a-t-il déclaré.
Le président de la Fecafoot a souligné que cette perception affecte même les initiatives purement sportives : « Même lorsque nous portons de bonnes idées à la Fecafoot, certains les interprètent immédiatement sur le terrain politique et installent des blocages ».
Il a précisé que sa motivation n’a jamais été politique : « Mais tout le monde ne veut pas devenir chef d’État, et, d’ailleurs, nous ne pouvons pas tous le devenir ».
Samuel Eto’o a attiré l’attention sur la manière dont sa popularité actuelle, issue de sa carrière exceptionnelle de footballeur, influence la façon dont ses actions sont perçues.
Chaque initiative pour améliorer le football camerounais, qu’il s’agisse de formation des jeunes joueurs ou d’organisation de compétitions, peut être mal interprétée comme un mouvement politique.
Cette situation, selon lui, ralentit la mise en œuvre de projets essentiels et oblige la Fecafoot à naviguer dans un contexte où le sport et la politique se mêlent trop souvent.
Par ailleurs, Samuel Eto’o a insisté sur son engagement pour le football et le développement des talents locaux. Il se veut un président de fédération actif, proche des clubs et des joueurs, mais reste conscient que l’ombre de la politique plane sur chacune de ses décisions.
Cette pression extérieure, estime-t-il, reflète le poids de sa notoriété et la manière dont la société camerounaise lie souvent sport et pouvoir.
Malgré ces obstacles, Samuel Eto’o a affirmé qu’il continuera à travailler pour le football camerounais. Sa vision est claire : renforcer la Fecafoot, soutenir les jeunes talents et contribuer à la compétitivité du Cameroun sur la scène africaine et mondiale, sans jamais laisser les rumeurs politiques dicter son action.