Algérie : deux chantiers ferroviaires pour relier mines et Sud

Algérie : deux chantiers ferroviaires pour relier mines et Sud
Crédit Photo : OK Voyage

Le projet de phosphate Bled El Hadba place l’Algérie devant une échéance économique fixée à 2027. À Tébessa, la mine doit alimenter une chaîne industrielle reliant extraction, transformation et exportation. En parallèle, Alger prépare une ligne ferroviaire vers Tamanrasset, annoncée pour la fin de 2028.

Le calendrier a été rappelé lors d’une réunion du Conseil des ministres. Selon l’APS, Abdelmadjid Tebboune a demandé le début des exportations au plus tard en mars 2027. Cette échéance dépend de la liaison Est entre Bled El Hadba, Oued El Kebrit et Annaba.

Cette liaison mesure 422 kilomètres. Elle traverse les wilayas de Tébessa, Souk Ahras, Guelma et Skikda avant d’atteindre Annaba. Elle doit transporter le minerai vers les unités de traitement, puis le quai minéralier. Le port d’Annaba doit ainsi devenir la sortie maritime du complexe.

Le schéma ne s’arrête pas à l’extraction. À Oued El Kebrit, le projet de phosphate Bled El Hadba prévoit des unités de transformation. Elles doivent enrichir le phosphate et fabriquer des engrais. Les capacités annoncées atteignent près de 10 millions de tonnes de minerai traité chaque année. La production viserait six millions de tonnes de phosphate commercialisable.

Le complexe doit aussi produire quatre millions de tonnes d’engrais par an. Les gammes citées comprennent le DAP, le MAP, le NPK et l’urée. De l’acide sulfurique, de l’acide phosphorique et de l’ammoniac sont également prévus.

Pour l’économie algérienne, l’enjeu dépasse la seule activité minière. Le projet cherche à réduire la dépendance aux hydrocarbures grâce à la transformation locale du phosphate. Il peut aussi renforcer la place du pays dans le commerce régional des engrais. Cette orientation concerne les marchés agricoles africains, sensibles au prix des intrants.

Le second chantier suit une autre géographie. La ligne Alger–Tamanrasset passera par Laghouat, Ghardaïa, El Menia et In Salah. L’APS annonce sa mise en service à la fin de 2028. Il ne s’agit donc pas du même axe que la ligne minière de Tébessa.

Cette voie doit rapprocher les villes du Nord des territoires sahariens et faciliter les échanges. Le calendrier suppose la livraison successive de plusieurs tronçons. Le gouvernement la présente comme un projet comparable, par son poids, à celui de Gara Djebilet.

Le phosphate et le rail avancent donc sur deux fronts distincts. Le premier répond à une urgence d’exportation. Le second dessine un corridor vers le Sahara. Tous deux traduisent la volonté de mieux relier les ressources, les usines, les ports et les territoires.

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