À propos de Médecins du Monde France (MdM-F)
Médecins du Monde France (MdM-F) est une association médicale militante de solidarité internationale créée en 1980. Depuis plus de quarante ans, l’organisation œuvre en faveur de l’accès universel aux soins de santé pour les populations les plus vulnérables, en France et à l’international.
Son action repose sur une double mission : fournir des soins de santé aux personnes exclues des systèmes de santé et témoigner des obstacles qui limitent l’accès aux soins afin d’influencer durablement les politiques publiques de santé.
Organisation non gouvernementale internationale, indépendante et engagée, Médecins du Monde France (MdM-F) agit au-delà de l’assistance médicale en défendant les droits humains, la dignité des personnes et la justice sociale. Elle intervient particulièrement auprès des populations marginalisées, précaires ou affectées par les crises humanitaires, les conflits et les catastrophes.
Présente dans plus de trente pays à travers le monde, Médecins du Monde France (MdM-F) concentre ses interventions autour de six axes stratégiques prioritaires : les espaces humanitaires et situations d’urgence, les droits et la santé sexuels et reproductifs, la réduction des risques, les migrations, l’exil, les droits et la santé, la santé-environnement ainsi que le renforcement des systèmes de santé.
En République Démocratique du Congo (RDC), Médecins du Monde France (MdM-F) est présente depuis 1994. L’organisation met en œuvre des programmes humanitaires et de développement visant à améliorer l’accès aux soins de santé, à renforcer les systèmes de santé et à protéger les populations vulnérables affectées par les crises humanitaires récurrentes.
Aujourd’hui, MdM-F intervient notamment dans les provinces de Kinshasa, du Tanganyika et du Nord-Kivu (Goma), à travers plusieurs projets axés sur la santé, la protection et la promotion des droits fondamentaux.
ORIGINE DE LA DEMANDE
Entre août 2022 et décembre 2025, Médecins du Monde France (MdM-F) a mis en œuvre à Kinshasa un Programme Santé Environnement, dans le cadre d’une Convention Programme financé en collaboration avec l’Agence Française de Développement.
Le programme visait à réduire les risques sanitaires et environnementaux auxquels sont exposés les maraîchers, notamment ceux liés à l’utilisation inappropriée des pesticides chimiques.
En 2026, un financement complémentaire provenant des ressources non affectées de Médecins du Monde France (MdM-F) a permis de poursuivre certaines activités afin de consolider les acquis, renforcer les capacités des acteurs et favoriser la pérennisation des interventions.
Dans ce contexte, Médecins du Monde France (MdM-F) souhaite conduire une évaluation externe du programme afin d’apprécier sa pertinence, sa cohérence, son efficacité, son efficience, son impact et sa durabilité. L’évaluation permettra également de documenter les bonnes pratiques, les difficultés rencontrées et les enseignements tirés, afin d’orienter la conception de futures interventions en santé environnementale.
BRÈVE PRÉSENTATION DU PROGRAMME
Le Programme Santé Environnement vise à améliorer la santé des maraîchers, de leurs personnes à charge et des consommateurs, tout en contribuant à la protection des écosystèmes des sites maraîchers de Kinshasa. Il répond particulièrement aux risques sanitaires, professionnels et environnementaux liés à l’utilisation inappropriée des pesticides chimiques.
Plus spécifiquement, le programme cherche à améliorer l’accès des maraîchers et de leurs personnes à charge aux services de santé et à la mutuelle de santé, à consolider les initiatives communautaires en faveur d’une agriculture durable et à soutenir le plaidoyer pour un cadre réglementaire protecteur de la santé et de l’environnement.
RÉSULTATS ATTENDUS
Le programme poursuit trois résultats principaux :
Amélioration de l’accès aux soins, grâce au renforcement de trois centres de santé, à l’accès à une mutuelle de santé et à la prise en compte des risques professionnels liés au maraîchage ;
Renforcement des capacités des communautés maraîchères, en vue de l’adoption de pratiques agricoles durables, protectrices de la santé des maraîchers, de leurs ménages, des consommateurs et des écosystèmes ;
Maintien du dialogue avec les décideurs, afin de favoriser l’adoption de textes réglementaires protégeant la santé humaine et l’environnement.
PRINCIPAUX VOLETS D’INTERVENTION
Volet santé et accès aux soins
Ce volet mobilise les programmes nationaux concernés, notamment le Programme national de santé au travail, le Programme national de santé de la reproduction et le Programme national de promotion des mutuelles de santé.
Il associe également les bureaux centraux des zones de santé de Masina 1, Masina 2 et Nsele, les centres de santé APRM, Kimbela et Mapamboli, la Mutuelle de santé Lisungi ainsi que l’Hôpital général de référence Roi Baudouin de Masina.
Il cible environ 3 000 bénéficiaires, dont 500 maraîchers et 2 500 personnes à charge.
Volet communautaire et agroécologique
Mis en œuvre avec Caritas Développement Kinshasa, ce volet accompagne 500 maraîchers, regroupés au sein de 14 associations et répartis sur les sites de Masina Rail, Tshuenge et N’djili Brasserie.
Il vise à favoriser la transition des pratiques agricoles à risque vers des pratiques intégrées et agroécologiques, plus respectueuses de la santé et de l’environnement.
Volet plaidoyer
Ce volet est porté par le Réseau Agroécologique du Congo, cadre de concertation réunissant les acteurs engagés dans la promotion de l’agroécologie.
Il vise à renforcer le dialogue avec les décideurs et à soutenir l’adoption de mesures réglementaires relatives à la gestion des pesticides ainsi qu’à la protection de la santé humaine et environnementale.
Les principales activités du programme comprennent :
La formation des prestataires en santé et sécurité au travail ainsi que sur d’autres thématiques de santé ;
La réhabilitation, l’équipement et la dotation en médicaments des centres de santé partenaires ;
L’organisation de consultations en santé et sécurité au travail pour les maraîchers ;
La vaccination des maraîchers contre le tétanos ;
L’affiliation des bénéficiaires à une mutuelle de santé et leur référencement vers un hôpital partenaire ;
La formation des maraîchers en agroécologie, en fabrication de biopesticides et en animation des champs-écoles paysans ;
La distribution d’intrants biologiques, d’équipements de protection individuelle, de petits matériels aratoires et de semences ;
La sensibilisation aux pratiques agricoles durables ;
L’organisation d’espaces de dialogue sur la réglementation de la gestion des pesticides en RDC ;
La participation à des événements nationaux et régionaux consacrés à la protection de l’environnement et à la promotion de la santé.
OBJECTIF ET PORTÉE DE L’ÉVALUATION
L’évaluation externe a pour objectif d’apprécier la pertinence, la cohérence, l’efficacité, l’efficience, l’impact et la durabilité du programme sur la période 2022-2026. Elle devra mesurer les résultats obtenus, documenter les changements observés auprès des bénéficiaires et produire des recommandations pour une éventuelle nouvelle phase.
L’évaluation couvre les trois composantes du programme : accès aux soins, agriculture durable et plaidoyer. Les parties concernées sont les équipes Médecins du Monde France (MdM-F), les partenaires de mise en œuvre, les autorités, les structures sanitaires, les membres du Réseau Agroécologique du Congo (RAE), les maraîchers et leurs ménages.
QUESTIONS ÉVALUATIVES ET MÉTHODOLOGIQUES
L’évaluation s’articulera autour de quatre axes : la compréhension des risques sanitaires et environnementaux ; la pertinence et l’adaptation des modalités d’intervention ; l’appropriation communautaire et le renforcement des capacités locales ; ainsi que le partenariat, la coordination et le plaidoyer.
Une approche mixte combinant des méthodes quantitatives et qualitatives est recommandée. Elle comprendra notamment une revue documentaire, des entretiens individuels, des discussions de groupe, la collecte de données auprès des bénéficiaires et la triangulation des informations. L’analyse intégrera les critères du CAD de l’OCDE ainsi que les dimensions transversales relatives au genre, à l’inclusion, à la participation communautaire et à la durabilité.
COMPÉTENCES ET EXPÉRIENCES REQUISES
La mission sera confiée à un(e) consultant(e), un cabinet ou une équipe disposant d’une expertise confirmée en évaluation, en sciences sociales, en santé publique ou dans tout autre domaine pertinent. Afin de garantir l’indépendance de l’évaluation, les candidats ne devront pas avoir participé directement à la conception, à la mise en œuvre ou au suivi du programme évalué. Tout conflit d’intérêts réel ou potentiel devra être déclaré.
1. Qualifications et expériences générales
Le consultant ou l’équipe devra justifier :
D’une expérience confirmée dans l’évaluation de projets ou programmes, particulièrement dans les secteurs de la santé et du développement ;
D’une bonne maîtrise des méthodes quantitatives, qualitatives et mixtes ;
D’une expérience en conception d’outils de collecte, d’analyse et de triangulation des données, ainsi qu’en formulation de recommandations opérationnelles ;
D’une expérience dans la coopération au développement, au sein d’une ONG ou d’une organisation de solidarité internationale ;
D’une expérience professionnelle en Afrique francophone, celle acquise en République Démocratique du Congo constituant un atout ;
D’excellentes capacités d’analyse, de synthèse et de rédaction en français ;
D’une expérience dans l’évaluation de programmes similaires.
2. Compétences techniques spécifiques
Le consultant ou l’équipe devra démontrer :
Une expertise en santé publique, santé communautaire ou santé environnementale ;
Une bonne compréhension des interactions entre santé, environnement, conditions de travail et pratiques agricoles ;
Une expérience en agronomie ou en santé et sécurité au travail, considérée comme un atout ;
Une maîtrise des approches relatives au genre, à l’inclusion, à la participation et à l’autonomisation des communautés ;
Une capacité à analyser la pertinence, la cohérence, l’efficacité, l’efficience, les effets et la durabilité des interventions ;
Une bonne connaissance des principes éthiques de l’évaluation, notamment le consentement éclairé, la confidentialité, la protection des données et le principe de « ne pas nuire ».
Dans le cas d’une équipe, les compétences pourront être réparties entre ses membres. L’offre devra préciser la composition de l’équipe, les responsabilités de chaque expert et la complémentarité des profils proposés.
LIVRABLES, CALENDRIER ET MODALITÉS DE CANDIDATURES
Le consultant ou le cabinet retenu devra produire une note de cadrage, un rapport provisoire, un rapport final d’évaluation, une note de synthèse ainsi que les supports de restitution. La mission se déroulera entre octobre et décembre 2026, et l’ensemble des livrables devra être finalisé au plus tard le 15 décembre 2026.
Les offres techniques et financières seront envoyées à l’adresse [email protected], avec pour objet : « Évaluation du Programme Santé Environnement – Kinshasa, RDC ».
La date limite de soumission est fixée au 12 octobre 2026 à 16 h 00, heure de Paris. Le budget maximal disponible pour la mission est de 9 000 EUR TTC.
Comment postuler
Les offres techniques et financières seront envoyées à l’adresse [email protected], avec pour objet : « Évaluation du Programme Santé Environnement – Kinshasa, RDC » .
