Les climatiseurs et les réfrigérateurs font partie de notre quotidien. Mais derrière leur confort se cache un enjeu vital : la protection de la couche d’ozone et la lutte contre le réchauffement climatique. Au Togo, les frigoristes regroupés au sein de l’Association des Frigoristes du Togo (AFRITO) jouent désormais un rôle crucial. Leur métier ne se limite plus à réparer une panne : chaque geste technique devient un acte citoyen pour préserver l’environnement.
Des professionnels au cœur de la transition écologique
Depuis plusieurs années, le Togo s’est engagé dans la mise en œuvre de l’amendement de Kigali, adopté en 2016, qui prévoit une réduction progressive de l’utilisation des gaz hydrofluorocarbures (HFC). Ces gaz, bien que ne détruisant pas la couche d’ozone contribuent fortement au réchauffement climatique.
Face à ce défi, les frigoristes deviennent les premiers acteurs de la transition. Ce sont eux qui savent identifier les gaz polluants, détecter et réparer les fuites, installer des équipements contenant des fluides au potentiel de réchauffement global très bas, remplacer les anciens fluides par des alternatives plus propres et surtout éviter que ces substances ne soient rejetées dans l’air. Une seule erreur peut libérer des tonnes de gaz à effet de serre. À l’inverse, une intervention réussie contribue directement à la protection de l’ozone et à la lutte contre le changement climatique.
Formations et certifications : un nouveau contexte togolais
Conscient de cette responsabilité, le ministère de l’environnement, des ressources forestières, de la protection côtière et du changement climatique, à travers le Bureau National Ozone, a renforcé son partenariat avec l’AFRITO. En août dernier, une cinquantaine de techniciens du froid ont suivi une formation intensive sur les bonnes pratiques d’installation et de maintenance des équipements contenant des fluides à faible potentiel de réchauffement global. Ils ont aussi appris comment récupérer, recycler et stocker les gaz en toute sécurité.
Ces formations ne sont pas seulement techniques : elles ouvrent la voie à une certification officielle. Progressivement, seuls les frigoristes formés et certifiés pourront manipuler les nouveaux réfrigérants, souvent plus sensibles, toxiques et inflammables. Cette évolution marque un tournant : réparer un climatiseur ou un réfrigérateur ne sera plus un simple bricolage entre voisins, mais une opération encadrée par des normes internationales.
Le Togo a déjà montré son engagement en éliminant les CFC dès 2010, puis en réduisant l’usage des HCFC comme le R‑22. Aujourd’hui, il s’attaque aux HFC et prépare la transition vers des solutions plus durables. Grâce aux frigoristes, présents dans toutes les régions et soutenus par l’État, cette bataille pour l’ozone et le climat se joue au quotidien, dans les ateliers et sur le terrain.
Les frigoristes togolais ne doivent plus être de simples réparateurs : ils doivent être des gardiens de l’environnement. Leur savoir-faire, renforcé par des formations et des certifications, est indispensable pour réussir la transition écologique du pays. En travaillant main dans la main avec l’État, ils illustrent une responsabilité écocitoyenne qui place le Togo parmi les nations engagées dans la protection de la planète.
