Tanzanie : un nouveau barrage double presque la capacité électrique

barrage Julius Nyerere en Tanzanie
Crédits photo : ahraminfo

Le barrage Julius Nyerere en Tanzanie vient d’entrer dans l’histoire de l’électricité du pays. La centrale du site, sur le Rufiji, peut produire 2 115 mégawatts. Samia Suluhu Hassan a inauguré l’ouvrage le 22 août. Mostafa Madbouly assistait à la cérémonie au nom d’Abdel Fattah al-Sissi .

Le complexe représente un investissement d’environ 2,9 milliards de dollars. Les groupes Arab Contractors et Elsewedy Electric ont réalisé les travaux. Le chantier a duré près de cinq ans. Le lancement remonte à 2017, pour un début des travaux en 2019 .

Dar es Salaam veut produire davantage et réduire les coupures. Le projet doit aussi accompagner les besoins des ménages, des entreprises et des usines. L’hydroélectricité répond ainsi à la hausse de la demande.

Les chiffres donnent la mesure du basculement. Selon Reuters, la capacité du réseau tanzanien atteint désormais 4 646 MW. La demande de pointe s’établit à 2 271 MW. Le pays dispose donc d’un surplus de 2 375 MW, selon ce calcul .

Cette marge ouvre des possibilités. La Tanzanie discute déjà de ventes d’électricité avec le Kenya et la Zambie. La réussite de ces échanges dépendra des lignes de transport et de la régularité de la production.

Le barrage renforce aussi la place de l’Égypte sur les chantiers du continent. Le Caire présente ce projet comme un exemple de son savoir-faire. Pour ses entreprises, cette réalisation peut servir de référence auprès d’autres pays.

Madbouly a profité de l’inauguration pour défendre la position de son pays sur les barrages. Il a assuré que l’Égypte ne refusait pas le développement dans le bassin du Nil. Il a toutefois rappelé que ces projets ne doivent pas léser les pays situés en aval .

Cette déclaration renvoie au conflit qui oppose Le Caire et Addis-Abeba. Le différend concerne le barrage de la Renaissance, que l’Éthiopie construit sur le Nil Bleu. Le Julius Nyerere se trouve sur le Rufiji, un fleuve qui ne quitte pas la Tanzanie. Il ne modifie donc pas directement le partage des eaux du Nil.

Le projet n’échappe pas aux critiques sur les milieux du Selous Game Reserve. Des associations redoutent ses effets sur les habitats autour de la réserve. La présidente de Tanzanie assume ce choix, au nom des besoins du pays .

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