L’Union africaine (UA) a réaffirmé sa position sur les transitions politiques en cours au Burkina Faso et au Niger.
Réuni ce lundi 27 juillet 2026, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’organisation continentale a appelé les autorités de transition des deux pays à mettre en place des feuilles de route « claires, réalistes et inclusives » devant conduire au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Présidant la réunion, l’ambassadrice Botho Kebabonye Roteng a souligné que les transitions devaient déboucher, dans des délais appropriés, sur un retour à des institutions civiles élues.
Pour l’Union africaine, les calendriers de transition doivent être crédibles, associer les différentes composantes de la société et garantir une sortie durable de la période exceptionnelle ouverte par les coups d’État.
Insécurité au Sahel
Au-delà de la question institutionnelle, le Conseil a estimé que la lutte contre l’insécurité au Sahel ne pouvait reposer uniquement sur les opérations militaires.
L’UA plaide pour une approche plus globale combinant réformes de la gouvernance, stabilisation des communautés affectées par les violences, développement socio-économique et renforcement de l’aide humanitaire.
Une attention particulière doit également être accordée aux femmes, aux enfants et aux jeunes, particulièrement touchés par les conséquences des conflits.
Le commissaire de l’Union africaine aux Affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, a réaffirmé l’engagement de l’organisation à accompagner les pays du Sahel central.
Il a toutefois rappelé que ce soutien s’inscrivait dans le respect des principes fondamentaux de l’UA, notamment la tolérance zéro à l’égard des changements anticonstitutionnels de gouvernement, le respect de l’ordre constitutionnel, la solidarité panafricaine et la promotion de solutions africaines aux défis du continent.
Un état des lieux de la situation au Burkina et au Niger
Au cours de cette session, les membres du Conseil ont également examiné un rapport présenté par le Haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, le Dr Mamadu Tangara.
Ce document a dressé un état des lieux de la situation politique, sécuritaire, humanitaire et des droits de l’homme au Burkina Faso et au Niger.
Cette réunion intervient dans un contexte particulier. Les deux pays, dirigés par des autorités militaires depuis les coups d’État de 2022 au Burkina Faso et de 2023 au Niger, ont renforcé leur coopération au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), avec le Mali. Avant cela, ils ont acté leur retrait de la CEDEAO.
Tout en reconnaissant les défis sécuritaires auxquels ces États sont confrontés, l’Union africaine maintient sa ligne de conduite.
Elle soutient les efforts de stabilisation tout en appelant à un retour progressif à un ordre constitutionnel fondé sur des institutions civiles élues.
