La fermeture des tribunaux en Zambie intervient au moment le plus sensible de la crise électorale. Les juridictions supérieures ont fermé leurs portes le lundi 24 août, alors que l’opposition voulait contester la réélection du président Hakainde Hichilema.
Un mémorandum de l’administration judiciaire a demandé au personnel de ne pas rejoindre les bureaux. Le document invoquait des raisons de sécurité, sans annoncer de date de réouverture. À Lusaka, la police gardait les accès à la Cour suprême et à la Cour constitutionnelle.
La police a confirmé des évaluations de sécurité dans plusieurs bâtiments publics. Elle a assuré que l’opération ne visait aucune personne ni aucun groupe. Le pouvoir judiciaire n’a pas donné d’explication supplémentaire dans l’immédiat.
Le calendrier donne à cette décision une portée particulière. L’article 103 de la Constitution prévoit sept jours pour déposer une requête contre le résultat présidentiel. Selon Reuters, l’échéance arrivait dans les premières heures du mardi 25 août.
Brian Mundubile avait annoncé son intention de saisir la Cour constitutionnelle. Le candidat de l’opposition affirme que le scrutin du 13 août comporte des irrégularités. Il a obtenu environ 37,87 % des suffrages, contre 60,49 % pour Hichilema, selon les résultats publiés par la commission électorale.
La victoire du président sortant n’est toutefois pas acquise au silence. Reuters rapporte que deux missions d’observation ont évoqué une possible majoration du total attribué à Hichilema. Le président a rejeté toute accusation de fraude.
Le climat politique s’est tendu après l’arrestation de plusieurs proches de Mundubile. La police l’a aussi convoqué dans une enquête liée à des menaces contre la sécurité nationale. Il affirme que ces accusations sont fabriquées, selon Reuters.
L’affaire est liée à la mort de Mutotwe Kafwaya, ancien ministre et parlementaire d’opposition. Fides rapporte qu’il a été blessé par balle le 14 août, lors d’une opération à Lusaka. La police évoque un échange de tirs avec un groupe armé. Les soutiens de Mundubile contestent cette version et demandent une enquête indépendante.
La fermeture des tribunaux en Zambie nourrit donc une question centrale : l’opposition pourra-t-elle faire examiner ses griefs ? Le parti de Hichilema affirme que les voies légales restent ouvertes. Mais les grilles fermées de Lusaka ont placé le droit de recours au cœur de la bataille politique.
Tant qu’aucune décision judiciaire n’examine la requête, les accusations resteront disputées. La crédibilité du scrutin dépendra aussi de la capacité des institutions à laisser cette contestation suivre son cours.
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