En Côte d’Ivoire, toute personne physique ou morale qui désire organiser un spectacle doit désormais détenir une licence délivrée par le ministère à savoir :
1. Licence d’Entrepreneur de Spectacle Obligatoire : validité de 3 ans. Trois catégories créées :
-Licence A (exploitants de salles, déclinée de A1 à A4 selon la capacité d’accueil).
-Licence B (producteurs et tourneurs : 5 millions de FCFA de frais + 5 millions de FCFA de caution bancaire). -Licence C (diffuseurs : 4,5 millions de FCFA de frais + 5 millions de FCFA de caution bancaire).
2. Création de la CODELES : commission de 9 membres chargée d’instruire les demandes de licence, l’homologation des salles et d’émettre un avis sur les sanctions.
3. Homologation Obligatoire des Salles : exigence de plans certifiés, d’assurances et de certificats de sécurité incendie de la protection civile.
4. Passage Obligatoire à la Billetterie Informatisée : délai de 6 mois pour adopter des billets électroniques sécurisés (QR code) pour tout spectacle dans un lieu de plus de 200 places.
5. Opérateurs étrangers : obligation de s’associer à un entrepreneur licencié ivoirien pour produire ou diffuser un spectacle en Côte d’Ivoire.
Sanctions et délai de conformité : délai général de 6 mois pour se conformer. Les contrevenants s’exposent à des amendes allant jusqu’à 5 millions de FCFA, au retrait de licence et à la fermeture des établissements.
Cette décision a suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux.
Droit de réponse de Kevin Mian
« SAUF VOTRE RESPECT MADAME LA MINISTRE DE LA CULTURE. 10 MILLIONS ?
Lorsque j’ai vu cette brochette de promoteurs et d’artistes réunis chez vous, je me suis dit qu’ils allaient enfin évoquer les véritables difficultés du secteur : un meilleur accès aux soins pour les artistes, des solutions de logement, une meilleure rémunération, une véritable protection sociale…
Mais non. Ils sont venus valider le principe d’un paiement de 10 millions de francs pour l’organisation d’un événement. Madame la Ministre, je m’interroge… Le monde de la culture et des arts n’a-t-il pas des préoccupations plus importantes ? Le secteur culturel génère plusieurs milliards de francs chaque année. Avez-vous déjà envisagé la création d’un centre de santé dédié aux artistes, à l’image du HMA, ou encore d’une banque des artistes pour faciliter leur financement et leur accompagnement ?
Maiscommentt y penser lorsque la plupart de ceux qui vous approchent ne défendent que leurs propres intérêts ? Madame la Ministre, les événements sont avant tout organisés pour promouvoir la culture et mettre en valeur les artistes : comédiens, chanteurs, danseurs et tous les autres acteurs du monde artistique.
Les promoteurs présents dans cette salle connaissent parfaitement les réalités du terrain.
Ils savent ce que représente l’organisation d’un événement : le cachet des artistes, la location de la salle, la sonorisation, la communication, la sécurité, le réseau de distribution des tickets, l’hébergement des artistes et du staff, souvent sans aucun sponsor.
Et, au final, il arrive qu’il ne reste que 2 millions de francs à partager entre tous les membres de l’équipe ou avec des dettes. Si, désormais, un promoteur doit payer une licence de 5 millions de francs et une caution de 5 millions de francs, soit 10 millions de francs avant même le lancement de son événement, cela signifie qu’il devra mobiliser cette somme en plus de toutes les autres dépenses indispensables à l’organisation.
La question mérite donc d’être posée : les avez-vous réellement aidés ou les avez-vous mis davantage en difficulté ? Au lieu de rechercher des solutions pour développer le secteur culturel, encourager les promoteurs et favoriser la création d’emplois, cette décision donne malheureusement le sentiment d’étouffer ceux qui n’ont ni accès aux décideurs ni à des « parrains ». Mais bon… nous sommes dans un pays où beaucoup préfèrent rester apolitiques. Un sage disait : « Le soleil ne se lève jamais deux fois pour convaincre celui qui dort. »
Bref…
Kevin Mian ».

