La Wildlife Conservation Society (WCS) s’appuie sur quatre zoos et un aquarium, situés à New York, ainsi que sur un programme mondial de conservation, pour protéger la faune sauvage et les espaces naturels. Présente dans plus de 50 pays à travers le monde, WCS est un acteur majeur de la conservation depuis plus de 30 ans en République du Congo, l’un de ses plus grands programmes nationaux. WCS s’efforce de concilier l’intégrité des aires protégées et la gestion durable des ressources naturelles, afin d’assurer le bien-être tant des écosystèmes que des populations, dans un environnement sain et prospère. Les populations locales sont au cœur de notre action et bénéficient de nos efforts de conservation. WCS travaille en étroite collaboration avec le gouvernement et l’ensemble des parties prenantes pour protéger les riches écosystèmes du Congo. En respectant et en protégeant les droits des communautés locales et en leur donnant davantage voix au chapitre dans les politiques, les pratiques et les structures de gouvernance en matière de conservation, WCS s’engage vers une conservation équitable, juste et durable.
Notre approche de la conservation fondée sur les droits humains reconnaît et respecte les droits des communautés locales, en garantissant leur participation pleine et effective à la planification et à la mise en œuvre des mesures de conservation. Nous soutenons le partage équitable des bénéfices tirés des ressources naturelles et des parcs, tout en remédiant aux impacts négatifs potentiels sur les moyens de subsistance et les pratiques culturelles grâce à une procédure régulière et à une indemnisation équitable. Nous obtenons des résultats en matière de conservation qui contribuent au bien-être et aux droits des populations vivant dans les différents espaces naturels du monde entier, plutôt que de les compromettre.
Le Parc National Nouabalé Ndoki (PNNN), situé au nord de la République du Congo, s’étend sur les départements de la Sangha (district de Kabo) et de la Likouala (district de Dongou). Dans sa partie congolaise, il est entouré de trois concessions forestières (Unités Forestières d’Aménagement – UFA) : l’UFA Kabo au sud et l’UFA Loundoungou à l’est, gérées par la Congolaise Industrielle des Bois (CIB) du groupe OLAM et l’UFA Mokabi-Dzanga au nord, exploitée par le groupe Rougier. À l’ouest, en République centrafricaine (RCA), le parc est contigu aux parcs nationaux de Dzanga et Ndoki ainsi qu’à la zone de chasse communautaire de la Réserve spéciale de Dzanga-Sangha, formant un ensemble écologique transfrontalier continu.
Depuis 2012, le PNNN et ses zones adjacentes transfrontalières (le Parc National de Lobéké et les Aires protégées de Dzanga-Sangha) sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en raison de leur valeur universelle exceptionnelle. Cet espace constitue une zone d’importance majeure pour la conservation des écosystèmes forestiers du bassin du Congo, l’un des plus vastes massifs tropicaux au monde.
Le parc se distingue par une biodiversité remarquable, abritant d’importantes populations de grands mammifères tels que les gorilles, les chimpanzés et les éléphants de forêt, ainsi que des espèces emblématiques comme le bongo et le sitatunga. Il compte également 429 espèces d’oiseaux et plus de 350 clairières forestières (« baïs »), essentielles à l’alimentation et à la reproduction de nombreuses espèces. Cette richesse biologique a favorisé l’implication croissante de partenaires techniques et financiers engagés dans la conservation et le développement des communautés riveraines, notamment les Ba’Yaka, peuple autochtone de la région. Plusieurs localités structurent l’occupation humaine, notamment Bomassa (environ 1 000 habitants), qui abrite la base principale du parc ; Kabo (environ 4 000 habitants), chef-lieu de district ; ainsi que Makao (environ 1 000 habitants), où se situe une base secondaire, à proximité de Sombo (environ 8 400 habitants), un camp forestier de la société Thanry Congo. (Voir la carte ci-dessus)
L’accessibilité de la zone s’est progressivement améliorée sous l’effet du développement des infrastructures routières liées aux activités forestières. La route reliant Ouesso au massif (Ndoki, Makao-Linganga, Mokabi) jusqu’à la frontière RCA constitue aujourd’hui un axe structurant, bien que son entretien dépende largement des opérateurs forestiers. Les projets d’infrastructures, notamment la construction d’un pont sur la Sangha à Ouesso (en cours), et une route bitumée reliant Ouesso à Bangui (planifiée), devraient accroître les flux de circulation et favoriser un afflux migratoire, intensifiant ainsi les interactions entre les populations et les écosystèmes.
Dans ce contexte territorial, les départements de la Sangha et de la Likouala présentent une diversité de plateformes et d’organisations engagées dans la gestion des ressources naturelles et la dynamique communautaire. Dans la Sangha, une plateforme multi-acteurs dédiée à la gestion de la faune et de la flore est active, tandis qu’à Pokola, deux comités de concertation interviennent respectivement dans les séries de développement des UFA Loundoungou-Toukoulaka et Pokola-Kabo. À Kabo, des organisations telles que l’Association Iyele-Omba, dédiée à la valorisation de la culture autochtone, et l’Association des chasseurs participent à la gouvernance locale des ressources. Dans la Likouala, une plateforme similaire existe également.
Les localités de Bomassa et de Makao concentrent plusieurs initiatives, notamment l’Association des Femmes Unies de Bomassa pour la Biodiversité, les Associations des pêcheurs de Bomassa et de Makao, ainsi que l’Association des chasseurs de Bomassa, aux côtés d’autres structures locales.
Cependant, ces plateformes présentent plusieurs limites importantes. Elles opèrent le plus souvent à des échelles administratives restreintes et se caractérisent par une faible représentativité des acteurs clés, ce qui entraîne une appropriation limitée par les communautés locales. Par ailleurs, les mécanismes de suivi et de redevabilité restent insuffisants : peu de dispositifs permettent de rendre compte des décisions prises ou d’en mesurer l’impact réel sur les territoires. À cela s’ajoute l’absence de systèmes d’information partagés, qui limite la circulation et la transparence des données. Enfin, l’absence d’un cadre structuré de dialogue intersectoriel favorise une approche fragmentée des problématiques, traitées de manière isolée (forêt, faune, activités économiques), sans vision écosystémique globale ni intégrée.
Face à l’exploitation des ressources naturelles, à l’expansion des activités humaines et aux besoins socio-économiques des populations, le PNNN et ses zones périphériques subissent des pressions croissantes. La vitalité du tissu associatif local traduit une dynamique sociale importante, mais met aussi en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de gouvernance participative et de gestion durable.
Dans cette perspective, la consolidation des synergies entre acteurs locaux, gestionnaires du parc et concessionnaires forestiers apparaît déterminante pour concilier conservation de la biodiversité et développement local. Le renforcement des dispositifs de concertation et de coordination s’impose dès lors comme une priorité. La mise en place d’une plateforme multi-acteurs interdépartementale constitue, à cet égard, un levier stratégique pour renforcer le dialogue entre les parties prenantes, améliorer la gouvernance territoriale et favoriser l’émergence de solutions durables, concertées et inclusives. Elle veillera à garantir la participation effective des groupes vulnérables et des peuples autochtones, à intégrer les principes d’égalité de genre, d’inclusion des jeunes et de non-discrimination, ainsi qu’à promouvoir une approche fondée sur les droits humains dans les processus de prise de décision et de développement territorial.
La WCS recrute un.e Consultant.e
2. Objectif général
Accompagnement de la mise en place d’une plateforme multi-acteurs fonctionnelle, inclusive et durable visant à renforcer la gouvernance participative et la gestion concertée des territoires dans et autour du Parc National Nouabalé-Ndoki (PNNN).
3. Objectifs spécifiques
- Identifier et analyser les parties prenantes impliquées dans la gestion et l’utilisation des territoires ;
- Identifier les cadres légaux et procédurales pour des plateformes de concertation
- Développer un mécanisme de gouvernance participative et transparente ;
- Élaborer un document d’orientation (par exemple, un plan de travail) à l’intention de PNNN afin de mettre en place la plateforme ;
- Accompagner la mise en place un cadre structuré de concertation entre les acteurs.
4. Résultats attendus
- Une cartographie exhaustive des acteurs et de leurs rôles est disponible ;
- Un plan de travail inclusif, fondé sur les droits humains et tenant compte des enjeux de genre, de peuple autochtone, de jeunesse et de non-discrimination, est élaboré et validé
- Une plateforme multi-acteurs opérationnelle est proposée et mise place ;
- Des mécanismes durables d’utilisation des territoires sont identifiés et adoptés ;
- Un dispositif de suivi-évaluation de la plateforme est défini.
5. Principales missions du/de la consultant(e)
La mission se déroulera en deux phases : le financement de la première phase est assuré ; celui de la deuxième phase doit encore être obtenu et interviendra après avoir vu les résultats de la 1ere phase
Le(s)/la consultant(e)sera/seront chargé(e)s de :
Phase I :
- Réaliser une analyse des parties prenantes et des dynamiques territoriales ;
- Concevoir l’architecture et les modalités de fonctionnement de la plateforme ;
- Produire les livrables techniques (rapport de diagnostic, plan de travail) ;
- Faciliter des ateliers de concertation avec les différents acteurs ;
- Proposer une esquisse des outils de gouvernance (règlement intérieur, charte, cadre de collaboration) ;
Phase II :
- Finaliser l’élaboration des outils de gouvernance (règlement intérieur, charte, cadre de collaboration) ;
- Accompagner la mise en place d’une plateforme opérationnelle ;
- Proposer un mécanisme de suivi-évaluation ;
- Formuler des recommandations pour améliorer la coordination territoriale.
6. Profil du/de la consultant(e)
Le/La consultant(e) devra présenter les qualifications et compétences suivantes :
a) Formation
- Diplôme universitaire (Bac+5 ou équivalent) en gestion des ressources naturelles, environnement, développement durable, sciences sociales, ou tout domaine connexe.
b) Expérience professionnelle
- Au moins 10 ans d’expérience dans le domaine de la conservation, de la gestion des ressources naturelles ou du développement participatif ;
- Expérience avérée dans la mise en place ou l’animation de plateformes multi-acteurs et/ou de cadres de concertation ;
- Expérience en Afrique centrale, idéalement en République du Congo ;
- Excellente connaissance des enjeux liés aux aires protégées et aux communautés locales.
c) Compétences techniques
- Maîtrise des approches participatives et de facilitation de groupes multi-acteurs ;
- Compétences en analyse des parties prenantes et en gouvernance territoriale ;
- Expérience dans l’élaboration d’outils de gouvernance (plans d’action, cadres de concertation, etc.);
- Capacité à concevoir des mécanismes de suivi-évaluation ;
- Solides capacités rédactionnelles et analytiques.
d) Compétences personnelles
- Excellentes aptitudes en communication et en médiation ;
- Capacité à travailler dans un environnement multiculturel et avec des acteurs variés ;
- Sens de l’organisation, autonomie et rigueur ;
- Esprit d’initiative et capacité à produire des résultats dans les délais.
e ) Langues
- Maîtrise du français (oral et écrit) indispensable ;
- La connaissance des langues locales est un atout.
7) Livrables
- Rapport de diagnostic
- Cartographie des parties prenantes
- Document de cadre de gouvernance
- Plan d’action de la plateforme
- Compte-rendus des réunions
- Rapport final de mission.
8) Durée de la mission
La première mission (phase 1) est prévue pour une durée estimée de 45 jours. La deuxième mission (phase 2) est également prévue pour une durée estimée de 45 jours.
9) Modalités de soumission
Les candidat(e)s intéressé(e)s sont invité(e)s à soumettre leur CV, une offre technique pour les deux phases et une offre financière détaillée pour chacune des deux phases à l’adresse suivante : [email protected]
La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 30 septembre 2026 à 15h00.
ANNEXES :
- Contrat de gestion PNNN
- Plate-forme multi acteurs.
