La pression s’intensifie autour de Gianni Infantino. Après plusieurs semaines de turbulences à la FIFA, la Fédération norvégienne de football a franchi un nouveau cap en réclamant officiellement la démission du président de l’instance mondiale. Une prise de position spectaculaire qui intervient à quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA.
Lise Klaveness, présidente de la Fédération norvégienne, a annoncé vendredi que son institution allait demander à Gianni Infantino de quitter ses fonctions.
« Il n’a pas la confiance institutionnelle nécessaire pour diriger la FIFA de manière stable dans la période que nous traversons actuellement. Il n’y a plus de retour en arrière possible pour Gianni Infantino », a déclaré la dirigeante lors d’une conférence de presse.
Elle a ajouté : « Nous allons demander au président de la FIFA de démissionner maintenant. »
La Norvège durcit le ton
La Fédération norvégienne fait partie depuis plusieurs années des voix les plus critiques envers la gouvernance d’Infantino. Mais sa décision de réclamer directement son départ donne une nouvelle dimension à la contestation.
Pour Lise Klaveness, la situation actuelle ne permettrait plus au président de la FIFA d’incarner le rassemblement nécessaire à la tête de l’organisation.
« Compte tenu du chaos dans lequel nous nous trouvons, il ne peut plus être la figure capable de rassembler », a-t-elle expliqué à l’AFP.
Cette offensive intervient alors que la FIFA traverse une période particulièrement délicate après l’abandon d’un projet controversé visant à ouvrir une société commerciale de l’instance à des investisseurs privés.
La contestation dépasse la Norvège
Le dossier prend d’autant plus d’importance que la contestation ne vient pas uniquement d’Oslo. L’UEFA, qui représente 55 associations membres, ainsi que la CONCACAF, forte de 35 fédérations, ont également exercé une pression importante sur la direction de la FIFA.
À l’inverse, certaines fédérations continuent d’afficher leur soutien à Infantino. L’Argentine, notamment, a récemment renouvelé sa confiance au président de la FIFA, créant un contraste avec la position de la Fédération norvégienne.
Cette opposition pourrait devenir déterminante à l’approche de l’élection présidentielle.
Infantino toujours favori pour 2027 ?
Président de la FIFA depuis 2016 et pour l’instant seul candidat déclaré, Gianni Infantino doit obtenir la majorité des voix des 211 fédérations membres pour être réélu lors du prochain scrutin.
La question est donc désormais de savoir si la contestation actuelle peut réellement fragiliser sa candidature.
Pour le moment, rien ne permet de l’affirmer. Mais l’offensive norvégienne montre que le débat ne porte plus uniquement sur certaines décisions de la FIFA : c’est désormais la légitimité institutionnelle du président qui est directement remise en cause.
Lise Klaveness, une possible alternative ?
Le nom de Lise Klaveness circule déjà comme une éventuelle candidate à la succession d’Infantino. L’ancien président de la FIFA Sepp Blatter a lui-même évoqué cette possibilité, estimant qu’elle pourrait devenir la première femme à diriger l’organisation.
La dirigeante norvégienne a toutefois rapidement écarté cette perspective.
« Nous n’en sommes pas là », a-t-elle répondu, expliquant que son combat actuel concernait les principes de gouvernance et non une ambition personnelle.
Cette précision est importante : la Norvège affirme vouloir contester des décisions et demander des comptes à la FIFA, plutôt que lancer officiellement une candidature alternative.
Trois dossiers devant le comité éthique
La Fédération norvégienne ne compte pas s’arrêter à la demande de démission.
Elle prévoit également de saisir le comité d’éthique de la FIFA concernant trois dossiers : le projet abandonné d’ouverture à des investisseurs privés, l’annulation de la suspension du joueur américain Folarin Balogun lors du Mondial après une intervention attribuée à Donald Trump, ainsi que l’attribution par la FIFA d’un prix présenté comme un prix de la paix au président américain.
La Fédération norvégienne souhaite également obtenir un examen complet des réformes auxquelles Gianni Infantino s’était engagé.
Notre analyse
La déclaration de Lise Klaveness marque probablement l’un des moments les plus difficiles de la présidence d’Infantino. Pour la première fois dans cette séquence, une fédération nationale ne se contente plus de critiquer certaines décisions : elle réclame explicitement le départ du président de la FIFA.
Mais cette offensive ne signifie pas encore qu’Infantino est condamné. Le président conserve des soutiens importants et reste, à ce stade, le seul candidat déclaré à sa propre succession.
La véritable bataille se jouera donc sur le terrain des voix. Si la contestation parvient à dépasser le cercle des fédérations traditionnellement critiques et à s’étendre à plusieurs confédérations, l’élection pourrait devenir beaucoup plus incertaine. La Norvège vient en tout cas de transformer la crise de gouvernance de la FIFA en véritable bataille politique.
