UNHAS : le pont aérien qui sauve des vies face à Ébola en RDC

UNHAS le pont aérien qui sauve des vies face à Ébola en RDC

La présence sur le terrain est l’essence même d’une réponse efficace aux urgences sanitaires. Tout aussi vitale est la capacité à déployer des équipes de première ligne, des médicaments et des fournitures essentielles auprès des communautés qui en ont le plus besoin.

Dans le cadre de la riposte contre Ébola en République démocratique du Congo, le Service aérien d’humanitaire des Nations Unies (UNHAS) assure ce lien critique, en acheminant les intervenants et le fret vital sur les lignes de front de la riposte.

Depuis la déclaration de l’épidémie, les efforts de riposte ont été intensifiés et renforcés, y compris les opérations aériennes, afin de répondre aux exigences de la situation. Bunia, la capitale de la province de l’Ituri, qui bénéficiait auparavant de trois vols par semaine, est désormais reliée à la capitale Kinshasa par cinq rotations hebdomadaires régulières. De plus, des vols dédiés à la riposte contre Ébola desservent plusieurs zones touchées, notamment les villes de Beni, Isiro, Buta et Kisangani, en plus de vols spéciaux pour répondre aux besoins opérationnels.

Chaque jour, les équipes d’UNHAS s’adaptent pour répondre aux besoins à mesure que les opérations de riposte s’étendent. Dans le même temps, les mesures sanitaires ont été renforcées pour garantir la sécurité. « Notre travail ne commence pas au décollage. Dès quatre heures du matin, nous vérifions la sécurité, le carburant et la désinfection des aéronefs. Les passagers passent par plusieurs points de contrôle avant d’embarquer », explique Daniel Honne Guissil, coordinateur des opérations Ébola à Bunia.

Pour répondre à la demande croissante, l’équipe a été renforcée, passant de trois chefs d’escale à huit membres du personnel, tandis que le nombre de manutentionnaires est passé de 14 à 30. Pilotes, copilotes, personnel navigant commercial, logisticiens, manutentionnaires, agents d’exploitation d’aérodrome et personnel au sol assurent tous une mission vitale : relier les zones touchées, transporter les équipes de riposte, livrer le matériel médical et maintenir le flux logistique indispensable à une riposte rapide et efficace.

« La contribution d’UNHAS est inestimable. Plus qu’un soutien logistique, c’est un pilier de la riposte, qui relie presque toutes les provinces touchées », souligne le Dr Steve Ahuka, gestionnaire d’incident de la Task Force présidentielle sur la riposte contre Ébola. Pour lui, chaque pilote, manutentionnaire ou bagagiste est un intervenant de première ligne, au même titre que les médecins, les épidémiologistes ou les hygiénistes qui travaillent dans les centres de traitement d’Ébola.

« UNHAS soutient la riposte à travers de multiples points chauds depuis Bunia. Sans ce soutien, les interventions seraient retardées et, au final, inefficaces », ajoute-t-il.

La majeure partie du personnel, des équipements et des médicaments destinés à l’Ituri partent de la capitale Kinshasa, située à environ 1 800 kilomètres à vol d’oiseau de Bunia et près de 3 000 kilomètres par la route. Par voie aérienne, le trajet ne prend que deux heures et demi. Rejoindre Bunia par d’autres moyens nécessite des semaines : quatre jours par la route jusqu’à Kisangani, puis par voie fluviale vers Kinshasa, ce qui peut prendre entre 10 et 20 jours.

Les vols humanitaires constituent le moyen le plus rapide et le plus sûr de déployer les intervenants et les équipements nécessaires à la détection des cas et à la prise en charge des patients. « Sans UNHAS, cette riposte n’aurait pas été possible. C’est vraiment un partenaire critique », affirme le Dr Thierno Balde, gestionnaire d’incident de l’OMS pour la riposte contre Ébola, en rappelant que l’Ituri, épicentre de l’épidémie, est le point de départ des opérations vers les provinces du Nord-Kivu, de la Tshopo, du Haut-Uélé et du Bas-Uélé. « Lorsque les premiers cas ont été signalés à Kisangani, dès le lendemain, UNHAS a mobilisé un vol spécial, nous permettant de soutenir la riposte dans la Tshopo. C’est un exemple important de sa valeur. »

Au 9 septembre 2026, dans la province de l’Ituri, UNHAS avait effectué 876 vols, transporté 6 918 passagers et livré plus de 100 tonnes de fret. Derrière ces chiffres se cachent l’expertise, la résilience et l’engagement de toute une équipe qui maintient un pont aérien vital entre les centres de coordination, les zones de santé touchées et les structures de traitement d’Ébola.

« Sans le pont aérien d’UNHAS, aucun progrès n’aurait été possible à ce jour. Dès les premières heures de la riposte, ils ont été à nos côtés auprès des communautés touchées », déclare la Dre Anne Ancia, représentante par intérim de l’OMS en République démocratique du Congo. « Les héros de cette riposte ne sont pas seulement les médecins et les mobilisateurs communautaires. Le personnel d’UNHAS fait aussi partie de nos héros. » À la base de Bunia, les mesures de prévention de l’infection sont strictes : désinfection des aéronefs et des bagages, utilisation d’équipements de protection individuelle et quarantaine pour les cas contacts. Le risque d’infection est réel, mais les équipes au sol et navigantes restent déterminées. « Nous ne sommes pas des agents de santé directs, mais sans nous, il n’y aurait ni médicaments ni personnel médical sur le terrain. Nous sommes fiers de faire partie de la chaîne qui sauve des vies », affirme Guissil.

Pour les équipes, chaque décollage est une bataille gagnée contre le temps et contre Ébola. « Nous continuons à sauver des vies, évidemment », conclut Guissil.