Condamné à mort en septembre 2026 en Arabie saoudite pour un commentaire publié sur Facebook et jugé insultant envers le prophète Mahomet, Anojan Sivarasa a finalement obtenu l’annulation de sa peine par la Cour suprême. Cette décision intervient après plusieurs démarches diplomatiques et juridiques du Sri Lanka.
L’affaire avait suscité une vive inquiétude parmi les défenseurs des droits humains. Anojan Sivarasa, un travailleur migrant sri-lankais de 24 ans installé en Arabie saoudite, avait été condamné à la peine capitale pour un commentaire publié sur Facebook. Mais, le 14 octobre 2026, la Cour suprême saoudienne a annulé cette condamnation, selon Human Rights Watch.
Cette décision marque un tournant dans le dossier de ce jeune homme, dont les propos sur les réseaux sociaux ont entraîné des poursuites judiciaires particulièrement lourdes. Elle ne signifie toutefois pas, à elle seule, que sa libération a été prononcée.
D’un commentaire sur Facebook à une condamnation à mort
Selon les informations recueillies par Human Rights Watch, les faits remontent au 28 juin 2026. Anojan Sivarasa avait publié en tamoul un commentaire en réponse à une vidéo diffusée sur Facebook. Certains internautes l’avaient considéré comme offensant envers le prophète Mahomet.
Le jeune homme aurait ensuite supprimé son commentaire et publié une vidéo dans laquelle il présentait ses excuses. Cependant, une capture d’écran de la publication aurait été transmise à son employeur ainsi qu’aux autorités saoudiennes.
Arrêté le 1er juillet, il a été poursuivi pour des faits liés à l’insulte envers le prophète et à la diffusion de contenus jugés contraires aux valeurs religieuses et à la morale publique.
Le 27 juillet, le tribunal pénal d’Al-Ahsa l’a condamné à cinq ans de prison et à une amende de trois millions de riyals saoudiens, soit environ 800 000 dollars. La juridiction a également ordonné la confiscation de son appareil électronique et la fermeture de son compte Facebook.
Une peine alourdie en appel
Le dossier a pris une tournure plus grave lorsque le parquet a contesté le premier jugement. Le 17 septembre, la cour d’appel de la province orientale a prononcé la peine de mort contre Anojan Sivarasa, en retenant une qualification relevant de l’application de la charia.
Cette décision a provoqué des réactions d’organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, qui ont demandé aux autorités saoudiennes de revenir sur la sentence. Ces organisations ont notamment dénoncé la sévérité de la peine infligée pour une publication sur les réseaux sociaux.
L’affaire a également mobilisé les autorités sri-lankaises, qui ont entrepris des démarches diplomatiques et juridiques pour obtenir une révision de la décision.
La Cour suprême annule la peine capitale
Le 14 octobre, la Cour suprême saoudienne a annulé la condamnation à mort, selon une mise à jour publiée par Human Rights Watch et une annonce du vice-ministre sri-lankais des Affaires étrangères.
Cette évolution constitue un soulagement pour la famille du jeune homme, qui redoutait son exécution. Elle ne permet cependant pas d’affirmer qu’Anojan Sivarasa a été libéré ou que l’ensemble des poursuites a été abandonné. Sa situation judiciaire et les conditions de sa détention doivent encore être clarifiées par des informations officielles.
Point de vue de la rédaction
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur les limites de la liberté d’expression en ligne et sur la proportionnalité des sanctions pénales. Si les propos publiés sur les réseaux sociaux peuvent provoquer des tensions, les poursuites engagées et les peines prononcées doivent également être examinées à la lumière des droits fondamentaux.
L’annulation de la peine capitale constitue une évolution majeure dans le dossier d’Anojan Sivarasa. Elle rappelle aussi les conséquences parfois irréversibles que peuvent entraîner les décisions judiciaires liées aux publications numériques, en particulier pour les travailleurs migrants qui peuvent se trouver dans une situation de vulnérabilité à l’étranger.
