Au Togo, 60 jeunes filles ayant obtenu de bonnes performances au BAC II ont été récompensées le 18 septembre 2026 à Lomé.
À travers cette initiative, soutenue par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le gouvernement veut encourager la réussite scolaire des filles, mais aussi les pousser davantage vers les filières scientifiques et technologiques.
La cérémonie s’est tenue à la salle CEDEAO du CASEF, en présence notamment de la gouverneure du District autonome du Grand Lomé, Zouréhatou Kassah-Traoré, de la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Moni Sankaredja-Sinandja, ainsi que du ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Prof Gado Tchangbedji.
Cette récompense s’inscrit dans le cadre du Projet d’excellence académique, de leadership et d’employabilité de la fille togolaise, mis en œuvre depuis 2017.
Les filles encouragées à choisir les sciences
Au-delà de la remise des prix, les autorités ont surtout insisté sur la suite du parcours de ces jeunes bachelières.
Le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche les a encouragées à poursuivre leurs études et à s’orienter vers les filières scientifiques et technologiques.
L’objectif affiché est de permettre aux jeunes filles de prendre davantage de place dans les secteurs appelés à contribuer au développement du pays.
Un échange a également été organisé avec les bénéficiaires autour du choix des filières porteuses et des opportunités liées au numérique.
L’occasion de les sensibiliser aux débouchés offerts par les compétences scientifiques, technologiques et numériques.
La représentante résidente du PNUD au Togo, Binta Sanneh, a pour sa part réaffirmé l’engagement de l’organisation en faveur de l’éducation, de l’autonomisation économique et du leadership des femmes et des filles. Elle a rappelé que l’investissement dans les filles constitue un investissement dans l’avenir du Togo.
Les filles progressent, mais restent moins nombreuses dans certaines filières
Les chiffres disponibles montrent que les filles obtiennent de bons résultats scolaires, mais qu’elles restent moins nombreuses dans certains niveaux et surtout dans les filières scientifiques et technologiques.
Au cours de l’année scolaire 2017-2018, les filles représentaient plus de la moitié des élèves dans l’enseignement primaire. Dans le premier cycle du secondaire, elles étaient près de neuf pour dix garçons.
Dans l’enseignement technique et la formation professionnelle, leur présence dans les filières industrielles est toutefois restée faible. Elle est passée de 5,3 % en 2013-2014 à 7 % en 2017-2018.
Les performances au BAC montrent également une progression des filles. Ces dernières années, elles représentent plus de 30 % des candidats ayant obtenu les mentions « très bien » et « bien », toutes séries confondues. En 2021, la meilleure performance féminine était de 18,92, contre 18,42 en 2020.
Un écart qui reste important dans le secondaire et le supérieur
Malgré ces progrès, les écarts de scolarisation persistent. Pour l’année 2020-2021, le taux brut de scolarisation au premier cycle du secondaire était de 71,4 % chez les filles contre 81,9 % chez les garçons. Au second cycle, l’écart était encore plus marqué : 28,2 % pour les filles contre 42,2 % pour les garçons.
Dans l’enseignement supérieur, les filles représentaient 32,9 % des 94 819 étudiants recensés dans l’annuaire statistique 2017-2018.
L’écart est particulièrement visible dans les filières scientifiques et technologiques. Au cours de cette même année académique, les filles ne représentaient que 14,7 % des étudiants inscrits dans ces filières, contre 85,3 % pour les garçons.
La récompense de 60 jeunes bachelières s’inscrit donc dans un objectif plus large : valoriser leurs résultats scolaires, mais aussi les encourager à poursuivre leurs études et à investir davantage les domaines scientifiques, technologiques et numériques.
