La Ligue des Champions reprend ses droits ce soir avec une affiche qui a tout d’un véritable test européen. Au Santiago-Bernabéu, le Real Madrid de Kylian Mbappé reçoit l’Inter dans un duel entre deux formations qui nourrissent de grandes ambitions. Mais derrière les stars et les promesses offensives, cette rencontre raconte surtout l’histoire de deux entraîneurs : José Mourinho, qui retrouve un club qu’il connaît parfaitement, et Cristian Chivu, qui s’apprête à passer un premier examen majeur sur la scène européenne.
Le Real Madrid veut déjà envoyer un message
« Nous allons gagner la Ligue des Champions. »
Vinicius Jr n’a pas choisi la prudence. À la veille du retour de la C1, le Brésilien a clairement affiché les ambitions du Real Madrid.
Et difficile de lui reprocher cette confiance. Les Merengues rêvent déjà d’une seizième Ligue des Champions, alors que la finale de cette édition se disputera à Madrid, à l’Estadio Metropolitano.
Mais avant de penser à une éventuelle finale, le Real doit d’abord franchir son premier obstacle.
Et celui-ci est loin d’être anodin.
L’Inter possède suffisamment d’expérience et de caractère pour transformer cette première journée en véritable piège pour les Madrilènes. Surtout, les Nerazzurri arrivent avec un entraîneur qui connaît parfaitement les exigences du très haut niveau.
Mourinho retrouve l’Inter, mais cette fois de l’autre côté
Le scénario possède une dimension particulière pour José Mourinho.
C’est avec l’Inter qu’il a remporté la Ligue des Champions en 2010, réalisant un triplé historique avec le club italien. Quinze ans plus tard, le Special One se retrouve face à son ancien club, mais dans le costume de l’entraîneur du Real Madrid.
Ce genre de retrouvailles ajoute forcément une dimension émotionnelle à la rencontre.
Mais Mourinho ne pourra pas se permettre de laisser les souvenirs prendre le dessus.
Son équipe devra composer avec plusieurs absences importantes. Eduardo Camavinga, Bernardo Silva et Arda Güler sont suspendus, tandis que Ferland Mendy, Raul Asencio, Eder Militão et Rodrygo sont indisponibles. Andriy Lunin est également absent.
Le secteur qui pose le plus de questions reste donc l’entrejeu.
Mbappé, Vinicius et Diomandé : le Real mise sur la vitesse
Malgré ces absences, le onze madrilène conserve une capacité de percussion impressionnante.
Jude Bellingham devrait redescendre aux côtés de Fede Valverde pour former le double pivot. Plus haut, Vinicius Jr et Brahim Diaz devraient accompagner Yan Diomandé, annoncé titulaire pour la première fois, derrière Kylian Mbappé.
Le Français sera évidemment l’une des principales attractions de cette soirée européenne.
Son association avec Vinicius constitue l’une des armes offensives les plus dangereuses du Real. Les deux joueurs sont capables d’attaquer la profondeur, de provoquer en un contre un et de faire exploser une défense en quelques secondes.
Mais ce système présente aussi une interrogation : le Real aura-t-il suffisamment de contrôle au milieu pour permettre à ses trois joueurs offensifs de s’exprimer ?
C’est probablement l’un des premiers enjeux tactiques de la soirée.
Chivu veut faire de l’Inter autre chose qu’un simple outsider
En face, Cristian Chivu arrive avec une mission différente.
Le technicien roumain doit progressivement imposer sa patte à une équipe qui possède déjà une forte culture européenne.
L’Inter devrait évoluer en 3-5-2, un système qui permet aux Nerazzurri de densifier l’axe tout en utilisant la largeur grâce à leurs pistons.
Federico Dimarco, forfait, manquera toutefois à l’appel.
Josep Martinez devrait débuter dans les buts, avec Alessandro Bastoni, Manuel Akanji et Yann Bisseck devant lui. Carlos Augusto et Luis Henrique devraient occuper les couloirs, tandis que Curtis Jones, Hakan Çalhanoğlu et Nicolo Barella auront la responsabilité de contrôler l’entrejeu.
Devant, le duo Lautaro Martinez-Marcus Thuram représente évidemment la principale menace.
Lautaro-Thuram, le problème que Mourinho devra résoudre
Si le Real possède Mbappé et Vinicius, l’Inter dispose de son propre tandem offensif.
Lautaro Martinez et Marcus Thuram peuvent poser énormément de problèmes à une défense madrilène qui devra éviter de se retrouver trop souvent exposée.
Le danger ne viendra d’ailleurs pas uniquement des qualités individuelles des deux attaquants.
Avec un système à trois défenseurs et des pistons capables de monter très haut, l’Inter peut chercher à étirer le bloc madrilène avant de trouver ses deux attaquants dans les espaces.
Pour Mourinho, la question sera donc autant offensive que défensive : comment utiliser la puissance de son attaque sans offrir à l’Inter les espaces dont Thuram et Lautaro ont besoin ?
Deux équipes, deux premières questions
Cette rencontre permettra finalement de répondre à deux questions différentes.
Pour le Real Madrid, il s’agira de savoir si son potentiel offensif peut immédiatement se traduire par une domination européenne, malgré un effectif diminué au milieu et en défense.
Pour l’Inter, le défi sera de démontrer que l’équipe peut conserver son identité face à une formation capable de punir la moindre erreur.
Et c’est précisément ce qui rend cette rencontre intéressante.
Le Real n’a pas seulement besoin de gagner. Il doit montrer qu’il peut contrôler un adversaire de ce niveau.
L’Inter, de son côté, n’a pas nécessairement besoin de dominer le match. Il doit surtout rester suffisamment compact pour emmener le Real dans une rencontre inconfortable.
Notre analyse : le premier grand test ne sera pas celui de Mbappé
Tout le monde regardera Mbappé. Vinicius sera surveillé. Lautaro et Thuram seront attendus.
Mais le véritable verdict pourrait concerner les entraîneurs.
Mourinho possède l’expérience de ces grands rendez-vous. Il sait comment ralentir un match, exploiter les failles adverses et transformer une rencontre européenne en partie d’échecs.
Chivu, lui, doit démontrer qu’il peut conduire l’Inter dans cette nouvelle étape sans perdre ce qui fait la force du club.
Le Real aura les individualités pour faire mal. L’Inter aura l’organisation pour résister.
La différence pourrait donc se jouer sur la capacité de chaque entraîneur à imposer son scénario.
Et dans un Bernabéu qui attend déjà une nouvelle campagne européenne conquérante, le premier à imposer son rythme pourrait prendre une sérieuse option sur ce choc.
Car ce soir, il ne s’agira pas seulement de lancer une campagne de Ligue des Champions.
Il s’agira de savoir qui, du Real Madrid ou de l’Inter, est déjà prêt pour les soirées qui compteront vraiment au printemps.
