Lionel Messi bénéficie-t-il d’un traitement particulier sur les terrains ? La question refait surface après les révélations d’un ancien arbitre international, qui a reconnu avoir volontairement épargné la star argentine lors d’un match de Copa America afin de lui permettre de disputer la finale.
À chaque grande compétition, les décisions arbitrales deviennent un sujet de débat. La Coupe du monde 2026 n’échappe pas à la règle. Au fil de son parcours jusqu’en finale, l’Argentine, championne du monde en titre, s’est retrouvée au centre de plusieurs polémiques.
Lionel Messi, figure emblématique de l’Albiceleste et octuple Ballon d’Or, a notamment été au cœur d’une séquence très commentée lors de la phase de groupes face à l’Algérie.
À la lutte pour récupérer le ballon, l’attaquant argentin a commis une faute jugée sévère par certains observateurs sur Aïssa Mandi. Plusieurs supporters et consultants ont estimé que l’action pouvait justifier une sanction plus lourde. Pourtant, Messi n’a reçu aucun carton.
Cet épisode a rapidement ravivé une vieille question : les plus grandes stars du football bénéficient-elles parfois d’une certaine indulgence arbitrale ?
Un ancien arbitre reconnaît avoir épargné Messi
Le débat est d’autant plus sensible qu’un ancien arbitre sud-américain a lui-même reconnu avoir volontairement évité une sanction qui aurait privé Lionel Messi d’une finale.
La scène remonte au 12 juillet 2007, lors de la demi-finale de la Copa America entre l’Argentine et le Mexique.
Ce soir-là, l’Argentine mène largement au score. Déjà averti, Lionel Messi commet une faute de main au milieu du terrain. Selon les Lois du jeu, l’action pouvait entraîner un deuxième carton jaune et donc une expulsion.
Mais l’arbitre chilien Carlos Chandía décide de ne pas sanctionner le joueur.
Dans un entretien accordé à ESPN en 2024, l’ancien officiel a expliqué les raisons de son choix.
« Je ne l’ai pas averti parce qu’il restait peu de temps à jouer. Je ne voulais pas l’empêcher de disputer la finale. »
Cet aveu est particulièrement troublant. L’arbitre ne parle pas d’une erreur d’appréciation ou d’un angle de vue défavorable. Il reconnaît avoir pris en compte les conséquences de la sanction sur la participation de Messi à la finale.
Une décision assumée… et un maillot en échange
Carlos Chandía a également raconté avoir conclu un accord inhabituel avec la star argentine.
L’ancien arbitre lui aurait indiqué que la faute méritait normalement un avertissement, avant de lui demander son maillot à la fin de la rencontre.
Messi aurait accepté et aurait même voulu retirer son maillot immédiatement sur le terrain. L’arbitre lui aurait alors demandé d’attendre la fin du match.
L’épisode peut sembler anecdotique, mais il soulève une question importante : un arbitre peut-il volontairement adapter une décision en fonction du statut d’un joueur ou de l’importance d’un match ?
En théorie, la réponse est non. Les Lois du jeu doivent être appliquées de la même manière à tous les joueurs, quelle que soit leur réputation, leur palmarès ou leur influence.
Un choix qui a coûté cher à l’arbitre
Carlos Chandía assure toutefois avoir payé le prix de sa décision.
En choisissant de ne pas exclure Messi, l’arbitre chilien savait qu’il réduisait fortement ses chances d’être désigné pour diriger la finale de la Copa America.
« J’ai perdu toute possibilité d’arbitrer la finale », a-t-il reconnu.
L’Argentine a finalement retrouvé le Brésil en finale, mais s’est inclinée lourdement sur le score de 3-0.
Pour l’ancien arbitre, cette décision semble donc avoir été un choix personnel : permettre à Lionel Messi de participer au rendez-vous le plus important de la compétition, tout en acceptant de compromettre ses propres ambitions.
Un aveu qui ne prouve pas un favoritisme permanent
Les déclarations de Carlos Chandía ne permettent cependant pas d’affirmer que Lionel Messi a été systématiquement favorisé tout au long de sa carrière.
Elles révèlent en revanche qu’au moins une décision arbitrale a été volontairement influencée par l’importance sportive de la star argentine.
Cette nuance est essentielle.
Dans le football, les grands joueurs peuvent parfois bénéficier d’une forme de respect ou d’indulgence liée à leur statut. Mais il est difficile de mesurer précisément l’impact de ce phénomène sur l’ensemble d’une carrière.
L’aveu de Carlos Chandía constitue toutefois un cas rare : un ancien arbitre reconnaît publiquement avoir choisi de ne pas appliquer une sanction afin de préserver la présence d’une vedette en finale.
La polémique du Mondial 2026 relancée
La séquence controversée face à l’Algérie lors de la Coupe du monde 2026 prend désormais une résonance particulière.
L’absence de sanction contre Messi ne constitue pas une preuve de favoritisme. Les décisions arbitrales restent soumises à l’interprétation de l’arbitre, à la nature exacte du contact et aux éléments analysés par l’assistance vidéo.
Mais les révélations de l’ancien arbitre chilien nourrissent forcément les interrogations.
Les supporters argentins y verront peut-être une polémique excessive autour d’un joueur régulièrement ciblé en raison de sa popularité. Ses détracteurs, eux, pourraient considérer que les aveux de Chandía confirment une impression ancienne : les plus grandes stars ne sont pas toujours arbitrées comme les autres.
Une chose est certaine : près de vingt ans après la Copa America 2007, cette confession continue d’alimenter un débat sensible sur l’égalité de traitement dans le football.
Et à l’heure où Lionel Messi reste au centre de toutes les attentions, chaque décision arbitrale le concernant est désormais examinée avec une attention particulière.
