RDC : à Minembwe, le mécanisme de paix doit faire ses preuves

RDC à Minembwe, le mécanisme de paix doit faire ses preuves

À Minembwe, dans le Sud-Kivu, le cessez-le-feu à Minembwe entre dans sa phase de vérification. Une mission est arrivée sur place le lundi 24 août, selon RFI. Elle doit examiner les faits signalés entre Kinshasa et l’AFC/M23. La MONUSCO fournit un appui logistique.

Cette arrivée marque un tournant pour un dispositif attendu depuis plusieurs mois. Le mécanisme est connu sous le nom de MCVE+, pour Mécanisme conjoint de vérification élargi plus. Il doit recueillir les signalements, examiner les incidents et rendre compte des violations signalées.

Un communiqué publié après les réunions de Suisse confirme cette étape. Les discussions ont réuni les représentants de Kinshasa et de l’AFC/M23, du 17 au 21 août. Le texte confirme aussi la création du secrétariat du mécanisme. Il rappelle une mission de reconnaissance menée le 20 août, avec le soutien de la MONUSCO.

Le même document fixe la première mission au 24 août, à Minembwe. Il demande aussi une procédure pour signaler les violations du cessez-le-feu. Cette règle doit réduire les accusations sans preuve et faciliter la comparaison des versions.

Le mécanisme repose sur le cessez-le-feu conclu à Doha en octobre 2025. Ses termes de référence ont été adoptés en février 2026. Le mémorandum d’application a été signé en avril. Trois officiers désignés par Kinshasa ne sont arrivés à Goma qu’en juillet, selon RFI.

Le calendrier explique l’attente autour de cette mission. Mais le terrain pose ses propres questions. L’AFC/M23 a accusé les FARDC d’avoir bombardé Nyaruhinga, près de Minembwe. Kinshasa accuse pour sa part l’AFC/M23 et les forces du Rwanda d’exactions dans les zones contrôlées. Ces accusations ne peuvent pas encore être vérifiées séparément.

Le bilan des droits humains renforce la pression sur le mécanisme. RFI indique que le BCNUDH a documenté 216 atteintes attribuées à l’AFC/M23 en juin. Le bureau a aussi relevé des violations attribuées aux FARDC et aux Wazalendo.

La séquence politique reste tendue. Les réunions de Suisse ont débouché sur une feuille de route pour les négociations. RFI rapporte toutefois qu’aucun accord écrit n’a encore scellé ce document. Chaque partie aurait conservé des réserves sur son contenu.

Une nouvelle rencontre pourrait se tenir en octobre. Avant cette échéance, Kinshasa et l’AFC/M23 devront encore régler plusieurs protocoles. Le cessez-le-feu à Minembwe ne sera donc pas jugé seulement sur les communiqués. Sa crédibilité dépendra des faits vérifiés, des accès accordés et du sort réservé aux victimes.

Voir aussi : Cours en ligne gratuit de la FAO