Royal Air Maroc a annoncé la suspension provisoire de douze liaisons internationales, invoquant la forte hausse des prix du kérosène et un ralentissement de la demande sur certaines dessertes. L’annonce a été faite ce samedi 23 mai 2026, par voie de communiqué.
Les destinations touchées couvrent deux zones géographiques distinctes. En Afrique centrale, les lignes Casablanca–Bangui, Casablanca–Brazzaville, Casablanca–Kinshasa, Casablanca–Douala, Casablanca–Yaoundé et Casablanca–Libreville sont concernées. En Europe, les vols Tanger–Malaga, Tanger–Barcelone, Marrakech–Lyon, Marrakech–Bordeaux, Marrakech–Marseille et Marrakech–Bruxelles sont également suspendus.
La compagnie nationale marocaine pointe deux causes. La première est conjoncturelle : le prix du kérosène aurait connu une hausse bien plus marquée que celle d’autres carburants, avec un niveau désormais environ trois fois supérieur à celui observé avant le déclenchement des tensions dans la région. La seconde est commerciale : un affaiblissement de la demande sur les lignes visées a rendu leur maintien économiquement difficile.
La RAM ne se présente pas comme un cas isolé dans ce contexte. Dans son communiqué, elle rappelle que la progression des charges d’exploitation pèse sur l’ensemble du secteur aérien mondial et a conduit plusieurs opérateurs à réviser leurs calendriers de vols. Des mois plus tôt, la compagnie avait déjà suspendu ses vols vers Dubaï et Doha, en raison des affrontements au Moyen-Orient. Les suppressions du 23 mai prolongent donc une tendance engagée depuis plusieurs semaines.
L’Agence internationale de l’énergie avait averti que l’Europe ne disposait que de six semaines environ de réserves de carburant d’aviation, évoquant la menace d’annulations de vols dans un avenir proche. Dans ce contexte, les compagnies ayant des liaisons entre le Maroc et le continent européen se trouvent doublement exposées.
Pour les passagers, la RAM assure que des dispositions seront prises pour limiter les perturbations. Selon Médias24, la compagnie s’engage à rétablir progressivement les lignes supprimées dès que les conditions opérationnelles et économiques le permettront. Aucune date de reprise n’a été communiquée à ce stade.
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