Gros soulagement pour les populations au Mali après une décision du gouvernement sur le prix de la tonne de ciment dans le pays.
Concrètement, l’exécutif a décidé d’aller en faveur des consommateurs en plafonnant les prix. Les autorités ont fixé un prix maximum pour le ciment dans tout le pays. Ce qui devrait permettre de stopper la hausse continue des prix qui affectait les Maliens depuis plusieurs mois.
Selon Apanews, Bamako fixe désormais à 112 000 FCFA la tonne de ciment local, soit environ 187 dollars américains. Pour le ciment importé, le prix tonne ciment Mali atteint 117 000 FCFA, équivalent à 195 dollars. Cette différence de prix encourage l’achat de la production locale tout en maintenant l’accès au ciment importé.
La décision a été prise lors d’une réunion au ministère de l’Industrie et du Commerce ce lundi 25 août 2025.
Le ministre Moussa Alassane Diallo était présent, accompagné de sa collègue des Transports et Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. Les acteurs de la filière ciment ont également participé à ces discussions importantes.
Le ministre Diallo explique que ces concertations durent depuis plusieurs mois. Elles visent à « contenir la flambée des prix d’un produit indispensable à la vie quotidienne et au développement des infrastructures », selon ses déclarations officielles. Le ciment est effectivement essentiel pour la construction de maisons, d’écoles et de routes au Mali.
Pour rappel, le Mali possède pourtant des ressources naturelles importantes pour produire du ciment. Le pays dispose de 152 millions de tonnes de calcaire et de 35 millions de tonnes de gypse, selon une étude de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Le calcaire et le gypse sont les matières premières principales nécessaires à la fabrication du ciment.
Trois grandes entreprises produisent actuellement du ciment au Mali. Diamond Cement Mali (DCM-SA) appartient au groupe indien WACEM. Ciments de l’Afrique (CIMAF) fait partie du groupe marocain du même nom. Enfin, Ciments et Matériaux du Mali (CMM) travaille avec le groupe sénégalais Sococim. Ensemble, ces trois cimenteries peuvent produire environ 2 millions de tonnes par an.
Cependant, la demande nationale dépasse largement cette production. Les Maliens consomment près de 4 millions de tonnes de ciment chaque année. Par conséquent, le pays doit importer la moitié de ses besoins depuis les pays voisins. Le Sénégal reste le principal fournisseur, mais le Mali achète aussi du ciment en Côte d’Ivoire, au Togo, au Ghana et au Burkina Faso, rapportent Maliweb et Voix de Bamako.
Cette dépendance aux importations explique pourquoi le ciment prix fluctue régulièrement. Les coûts de transport, les variations des taux de change et les politiques commerciales des pays voisins influencent directement les prix au Mali. De plus, les difficultés de transport à l’intérieur du pays augmentent les coûts pour les consommateurs.
Mme Sissoko, ministre des Transports, s’engage donc à résoudre ces problèmes logistiques. Son département travaillera pour améliorer l’acheminement du ciment et des matières premières nécessaires à sa production. Cette amélioration devrait réduire les coûts et stabiliser l’approvisionnement.
Une mesure exceptionnelle accompagne cette décision. Le gouvernement annonce l’implication du ministère de la Défense pour sécuriser le transport des matières premières. Cette intervention militaire vise à protéger les convois contre les attaques et les vols qui perturbent régulièrement les livraisons.
Le ministre Diallo avertit les opérateurs économiques qu’ils doivent respecter strictement ces nouveaux prix. Ses services contrôleront régulièrement l’application de cette mesure sur tout le territoire. Cette surveillance permettra d’éviter les spéculations et les dépassements de prix.