Pour la première fois, ce pays africain produit du cobalt artisanal « équitable »

Pour la première fois, ce pays africain produit du cobalt artisanal "équitable"

Crédit Photo : DW

Une société publique congolaise veut assainir la filière artisanale en produisant du cobalt équitable, éthique et traçable.

Mille premières tonnes de cobalt artisanal produites et étiquetées « équitables ». Jeudi 13 novembre à Kolwezi, cœur névralgique de la ceinture de cuivre au sud-est de la République démocratique du Congo, l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) a tenu à marquer d’une pierre blanche le début de sa production de ce minerai stratégique issu de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE).

« Nous avons mis en place une solution pour contrôler notre production artisanale de cobalt congolais et nous garantissons également de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail aux mineurs artisanaux« , se félicite Éric Kalala, le PDG de l’Entreprise Générale du Cobalt.

Créée en 2019, cette société étatique congolaise, filiale du géant minier Gécamines, a pour ambition d’assainir la filière artisanale du cobalt en RDC, pays qui produit les trois-quarts de volumes mondiaux et qui possède plus 70% des réserves de la planète.

Le cobalt congolais est incontournable pour toute une série d’industries de pointe, comme celles liées à la transition énergétique, allant des batteries électriques de voiture aux moteurs d’avion.

De l’énorme gâteau de cobalt congolais, les mines industrielles assurent l’écrasante majorité de l’approvisionnement.

Selon l’Institut Cobalt, qui réunit les grands acteurs du secteur, seul 2% des exportations de la RDC en 2024 proviennent de l’extraction artisanale (EMAPE).

Mais le secteur artisanal est vital pour la population locale : 1,5 à 2 millions de personnes travaillent dans des mines artisanales de cobalt qui font vivre 10 millions de personnes en RDC.

Le problème est que ce secteur artisanal particulièrement opaque donne lieu aux pires travers, des violations des droits humains aux dégâts sanitaires environnementaux.

 Dans un rapport de 2016 intitulé « Voilà pourquoi on meurt », Amnesty International et l’Observatoire africain des ressources naturelles (Afrewatch) a fait état des conditions dangereuses dans lesquelles les mineurs artisanaux exploitent le cobalt en RD Congo.

Parmi ces mineurs artisanaux, Amnesty International dénombre quelque 40 000 enfants, selon une enquête publiée en 2023 intitulée « République démocratique du Congo : les petits forçats du cobalt ».

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