Plus de 30 personnes ont été tuées et plusieurs enlevées dans un village de l’ouest du Nigeria par des « bandits », membres de gangs criminels qui ensanglantent ce pays, a annoncé ce dimanche 4 janvier 2026 la police.
Les assaillants ont envahi samedi soir Kasuwan Daji, un village du district de Kabe, dans l‘Etat du Niger, ont incendié un marché et pillé des boutiques à la recherche de nourriture.
En novembre dernier, ce même Etat, vaste comme l’Irlande et qui s’étire de la frontière avec le Bénin à l’ouest jusqu’à la région administrative englobant la capitale Abuja au centre du pays, a été le théâtre de l’un des plus importants enlèvements de masse au Nigeria, lorsque des hommes armés avaient kidnappé plus de 250 élèves et membres du personnel du pensionnat catholique Saint Mary.
« Plus de 30 victimes ont perdu la vie pendant l’attaque » du village de Kasuwan Daji, menée samedi, et « certaines personnes ont également été enlevées », a déclaré Wasiu Abiodun, porte-parole de la police de l’Etat du Niger.
Plusieurs images et une vidéo vues par l’AFP montrent que certaines victimes avaient les mains liées dans le dos lorsqu’elles ont été tuées.
L’Eglise catholique locale a affirmé que plus de 40 personnes avaient été tuées samedi, un bilan supérieur à celui communiqué par la police.
« L’attaque a fait plus de 40 morts et plusieurs autres personnes ont été kidnappées », écrit le diocèse catholique de Kontagora sur sa page Facebook.
« Selon les informations recueillies, les bandits ont agi pendant des heures sans aucune présence sécuritaire », poursuit le diocèse.
Des gangs criminels, appelés « bandits » par les populations locales, se livrent régulièrement à des pillages et à des enlèvements de masse en vue d’obtenir des rançons dans des villages de certaines régions du Nigeria.
Multiples conflits
L’Etat du Niger a été l’un des plus durement touchés ces derniers mois.
L’attaque de samedi a eu lieu à moins de 20 km de Papiri, village où se trouve le pensionnat catholique St Mary, dont des hommes armés avaient enlevé plus de 250 élèves et membres du personnel en novembre.
Les autorités ont annoncé quelques semaines plus tard leur libération en deux temps, sans préciser si une rançon avait été versée.
Les forces nigérianes sont mises à rude épreuve par les nombreux problèmes sécuritaires qui affectent les différentes régions du pays.
Le pays le plus peuplé d’Afrique est en proie à de multiples conflits qui font de nombreuses victimes: insurrection jihadiste vieille de plus de 15 ans dans le nord-est, violences des bandits dans le nord-ouest et l’ouest, affrontements entre agriculteurs et éleveurs, activités séparatistes dans le sud-est.
La veille de Noël, un kamikaze a tué au moins cinq personnes en se faisant exploser dans une mosquée de l’Etat de Borno, dans le nord-est du pays.
Ces derniers mois, les Etats-Unis ont critiqué l’incapacité du Nigeria à endiguer les violences. Le président américain Donald Trump a dénoncé une prétendue « persécution » des chrétiens un argument longtemps utilisé par la droite religieuse américaine alors que les tueries touchent chrétiens et musulmans sans discrimination.
Ces accusations américaines sont fermement rejetées par le gouvernement nigérian et des analystes indépendants. Les Etats-Unis ont lancé des frappes aériennes surprises le jour de Noël, indiquant avoir visé des jihadistes liés au groupe Etat islamique. Abuja a déclaré avoir approuvé ces frappes.
En décembre, le président nigérian Bola Tinubu a promis une refonte de la sécurité nationale lors de la présentation du budget 2026 à l’Assemblée nationale, allouant la plus grande partie des dépenses à la défense, quelques jours après avoir nommé un nouveau ministre de la Défense.
© Agence France-Presse