Pipeline Djibouti-Éthiopie : Dangote mise 660 millions de dollars

Pipeline Djibouti-Éthiopie : Dangote mise 660 millions de dollars

Le pipeline Djibouti-Éthiopie doit transformer l’acheminement des carburants dans la Corne de l’Afrique. Le projet représente un investissement de 660 millions de dollars.

L’annonce a été faite jeudi 24 septembre par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Il se trouvait à Djibouti avec le président Ismaïl Omar Guelleh et Aliko Dangote.

La conduite s’étendra sur 120 kilomètres. Elle partira de Damerjog, près du littoral djiboutien, pour rejoindre Dewele, en Éthiopie.

Le projet comprendra aussi deux zones de stockage. Damerjog disposera d’une capacité d’environ 375 000 mètres cubes. Dewele pourra stocker près de 800 000 mètres cubes.

L’accord associe Ethiopian Investment Holdings, le groupe Dangote et Great Horn Investment Holding. Ces entités doivent assurer le développement de l’infrastructure.

La mise en service est attendue dans un délai de 18 mois. Aucun débit précis n’a toutefois été communiqué après l’annonce.

L’Éthiopie dépend fortement du port de Djibouti pour ses importations. Le pays a perdu son accès direct à la mer après l’indépendance de l’Érythrée, en 1993.

Une grande partie des produits pétroliers arrive ensuite par la route. Des convois de camions parcourent le corridor entre Djibouti et les villes éthiopiennes.

Cette organisation pèse sur les délais et les coûts. Elle expose aussi les livraisons aux ralentissements du trafic et aux contraintes routières.

Le futur pipeline doit donc raccourcir cette chaîne logistique. Il permettra de transférer les carburants vers Dewele, avant leur distribution en Éthiopie.

Selon Reuters, les promoteurs espèrent réduire les retards et renforcer la sécurité des approvisionnements. La conduite pourrait aussi limiter une partie des trajets effectués par camion.

Africanews présente ce projet comme un nouvel axe d’expansion pour le groupe Dangote. Le conglomérat nigérian multiplie ses investissements dans l’industrie et l’énergie sur le continent.

En Éthiopie, Dangote participe déjà à un projet d’engrais évalué à quatre milliards de dollars. L’ensemble prévoit notamment une centrale électrique et une unité de production d’emballages.

Au Kenya, le groupe doit également avancer sur une raffinerie à Lamu. Cette installation pourrait traiter 700 000 barils de pétrole par jour.

Le projet kényan vise les ressources du Turkana et les marchés de la région. Le pipeline Djibouti-Éthiopie répond, lui, aux besoins d’un pays dépendant des importations.

Cette différence montre la portée du nouvel accord. Dangote cherche à relier production, stockage et distribution dans plusieurs corridors africains.

Pour Addis-Abeba, l’enjeu dépasse la construction d’une conduite. Il s’agit de sécuriser l’arrivée des carburants dans une économie sans façade maritime.