Les cours de l’or noir continuent de bondir ce vendredi 6 mars 2026, dopés par les risques pesant sur l’approvisionnement de pétrole au Moyen-Orient après la promesse de Trump de poursuivre la guerre jusqu’à la « capitulation totale » de l’Iran.
« Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Juste après cette déclaration, le baril de Brent, la référence internationale du pétrole, déjà en forte hausse en début de séance, a dépassé les 90 dollars pour la première fois depuis avril 2024.
Vers 14H30 GMT (15H30 à Paris), le Brent montait de 6,15% à 90,66 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnait 9,09% à 88,37 dollars.
Depuis le début du conflit, plusieurs infrastructures énergétiques ont subi des attaques et le blocage du détroit d’Ormuz, par où transite environ 20% de la production mondiale d’or noir, cause des problèmes d’approvisionnement sur les marchés mondiaux.
« Chaque jour où le détroit d’Ormuz reste fermé, le marché pétrolier se tend davantage », explique à l’AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
De plus, les capacités de stockage des pays du Golfe étant limitées, « si la situation ne se résout pas rapidement, nous assisterons bientôt à une rationalisation de la production de pétrole brut et à une nouvelle réduction de l’activité des raffineries, en particulier en Asie et au Moyen-Orient », prévient Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler.
L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont en mesure de contourner partiellement le détroit, mais « même avec ces options de contournement, environ 8,7 millions de barils par jour » sont bloqués, note M. Falakshahi.
A cause de ces perturbations qui pourraient durer, « les acheteurs cherchent à sécuriser des barils de substitution », ce qui « amplifie » la hausse des prix, précise M. Staunovo.
Pour prévenir d’éventuelles pénuries, la Chine a aussi demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d’essence, selon l’agence Bloomberg.
Et le gouvernement américain a autorisé, et pour un mois, la livraison de pétrole russe sous sanction vers l’Inde, alors que le conflit au Moyen-Orient touche directement les approvisionnements de New Delhi.
Les produits raffinés « tels que le diesel et le kérosène ont connu une augmentation de prix bien plus importante » que le brut jusqu’à présent, souligne en outre Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
© AFP