« On nous insulte tout le temps » : le Premier ministre belge exaspéré par Washington

Washington

Crédit Photo : Le Soir

Le Premier ministre belge Bart De Wever a critiqué l’exigence formulée le jeudi 3 avril 2025 par les États-Unis de voir les pays membres de l’Otan dépenser 5% de leur PIB dans la défense, alors que Washington « lance une guerre commerciale » et « insulte » ses alliés européens.

« Cela devient un peu compliqué d’exiger des choses de nous après qu’on lance une guerre commerciale, après qu’on nous humilie et qu’on nous insulte tout le temps », a déclaré le conservateur flamand. « L’amitié doit venir des deux côtés de l’Atlantique », a-t-il ajouté.

Il était interrogé par la chaîne publique francophone RTBF avant une rencontre prévue vendredi matin à Bruxelles avec le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, en marge d’une réunion de l’Otan.

« 5% à court terme, c’est infaisable », a aussi dit M. De Wever.

À l’issue de la rencontre avec Marco Rubio, le Premier ministre belge a relevé « les divergences d’opinion » entre l’Europe et les États-Unis, mais évoqué aussi l’engagement américain à poursuivre la coopération.

« Je regrette profondément le différend commercial actuel. Toutefois, cette rencontre personnelle confirme clairement l’engagement de nos alliés américains à poursuivre la coopération et à la renforcer là où cela est possible à l’avenir », a-t-il indiqué selon un communiqué publié par son cabinet.

Jeudi, lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan à Bruxelles, Marco Rubio avait souhaité que chacun des 32 membres de l’Alliance « remplisse sa promesse d’atteindre 5% » du PIB dépensés en matière de défense.

À propos de cette exigence, Bart De Wever a indiqué à la RTBF « que ce n’est pas réaliste comme norme de l’Otan, (…) ça va nous poser beaucoup de problèmes ».

La Belgique compte parmi les pays de l’Otan, avec notamment l’Italie et l’Espagne, qui sont encore sous la barre des 2% en matière de dépenses militaires. Le gouvernement de M. De Wever a estimé qu’atteindre les 2% nécessiterait un effort annuel d’investissement de 4 milliards d’euros.

De leurs côtés, les États-Unis consacrent actuellement quelque 3,4% de leur PIB à ces dépenses, et l’engagement européen est de manière générale moindre, à l’exception de la Pologne (4,7%).

Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte devrait proposer un seuil autour de 3,5%, mais aucune décision n’est attendue lors de la réunion ministérielle qui se poursuit vendredi.

© Agence France-Presse

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp