Le Nigeria vient de signer un protocole d’accord avec la société britannique Asset Green Ltd. L’annonce a été faite le 18 mars par le Fonds souverain nigérian (NSIA). L’investissement prévu atteint 496 millions de dollars, soit environ 281 milliards de francs CFA.
Le projet prévoit la construction d’un complexe agro-industriel structuré autour de plusieurs composantes. Une superficie de 20 000 hectares sera consacrée aux cultures fourragères. Une ferme moderne capable d’héberger 10 000 vaches laitières sera également aménagée. Une unité de transformation d’une capacité annuelle de 200 000 tonnes complétera le dispositif. Elle produira du lait frais, du beurre, de la crème et du lait en poudre.
« Cet investissement de 500 millions de dollars dans l’industrie laitière nigériane permet de développer des infrastructures avancées couvrant l’ensemble du système de production et d’approvisionnement », a expliqué Rod Bassett, directeur d’Asset Green Ltd, cité par The Nation. Il a ajouté que l’objectif est de « renforcer la souveraineté alimentaire et la résilience nutritionnelle nationale, tout en réduisant le volume massif d’importations de produits laitiers ».
Cet accord s’inscrit dans une ambition annoncée dès juin 2025. À cette date, le gouvernement d’Abuja s’était engagé à doubler sa production annuelle de lait pour atteindre 1,4 million de tonnes d’ici 2030. L’appui du secteur privé national et étranger est au cœur de cette stratégie.
Plusieurs accords ont déjà été conclus depuis le début de l’année 2026. Le 22 février, le Nigeria rejoignait un partenariat trilatéral avec le Brésil et le Royaume-Uni, centré sur l’amélioration de la productivité du bétail par les nouvelles technologies. Le 3 février, l’État de Gombe signait de son côté un accord avec Livestock Improvement Corporation (LIC), entreprise néo-zélandaise spécialisée dans l’amélioration génétique animale. Le 13 mars, des discussions ont été engagées avec l’ONG américaine Heifer International pour renforcer les modèles d’élevage durables.
Ces accords successifs répondent à une contrainte bien documentée. Selon la FAO, les besoins annuels de consommation de produits laitiers au Nigeria avoisinent 2 millions de tonnes. Or la production locale reste nettement en deçà de cette demande. Le pays compense ce déficit par des importations massives, ce que le gouvernement cherche à corriger.
Les détails sur la localisation du futur complexe agro-industriel et le calendrier des travaux ne sont pas encore rendus publics. Mais la multiplication des partenariats ces derniers mois montre que le Nigeria accélère concrètement sur ce dossier.
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