Nigeria au moins 38 personnes tuées dans une attaque

Boko Haram

Crédit Photo : DR

Des hommes armés ont tué dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 février 2026 au moins 38 personnes dans le village de Dutse Dan Ajiya, dans l’État de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria, ont déclaré à l’AFP samedi la police et des élus locaux.

L’État de Zamfara, comme de nombreux Etats du nord du pays, est en proie à une insécurité multifactorielle, entre des bandes armées, localement appelées bandits, qui pillent les villages, kidnappent et terrorisent les habitants, et la menace jihadiste croissante avec des groupes actifs dans le nord-ouest qui étendent leur champ d’action vers le sud.

« À l’heure actuelle, le calme est revenu dans la région et les patrouilles se poursuivent », a indiqué Yazid Abubakar, porte-parole de la police de Zamfara, « il n’y a que très peu de voies d’accès » au village.

Selon Hamisu Faru, élu local, qui fait état de 50 morts, des bandits « ont ouvert le feu sans discernement, tuant tous les habitants qui tentaient de fuir ».

« Nous avons alerté l’armée et un avion de chasse a été mobilisé, mais il n’a pas engagé le combat contre les bandits qui circulaient à moto, laissant ainsi les terroristes tuer à leur guise », a ajouté M. Faru.

Les bandits possèdent des camps dans une forêt qui empiète sur les États de Zamfara, Katsina, Kaduna, Sokoto, Kebbi et Niger, d’où ils lancent des attaques contre les villages.

L’armée nigériane est déployée dans la région depuis plusieurs années pour lutter contre ces groupes, mais les violences persistent.

Les tentatives de réconciliation par le biais d’amnisties et de compensations financières n’ont pas permis de mettre fin aux attaques.

Attaques dans le nord

Cette attaque dans l’Etat de Zamfara a eu lieu le lendemain d’attaques de sept villages dans l’Etat voisin de Kebbi lancées par le groupe jihadiste Lakurawa qui a tué des dizaines de personnes, selon la police et un rapport de sécurité confidentiel consulté par l’AFP.

Depuis quelques années, l’émergence de Lakurawa dans le nord-ouest a exacerbé la violence dans la région, contraignant les gouvernements des États concernés à recruter davantage de milices d’autodéfense.

Certains chercheurs ont récemment établi un lien entre Lakurawa et l’État islamique au Sahel, qui est principalement actif au Niger et au Mali voisins, bien que d’autres restent sceptiques.

La recrudescence de la violence des groupes jihadistes et des bandits au Nigeria au cours des derniers mois a suscité l’ire des États-Unis,qui ont mené des frappes aériennes surprises en coordination avec les autorités nigérianes le jour de Noël dans l’État de Sokoto (nord), voisin de celui de Zamfara, ciblant des jihadistes.

Le président américain Donald Trump avait dénoncé une « persécution » et un « génocide » des chrétiens dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Ses accusations ont toujours été rejetées par les autorités nigérianes – et la plupart des experts -, les violences frappant généralement chrétiens et musulmans sans distinction.

Bandits et jihadistes

Principalement motivés par l’argent, les bandits ont renforcé leur coopération avec les groupes jihadistes du Nigeria, qui mènent une insurrection armée séparée depuis 16 ans dans le nord-est.

L’insurrection jihadiste au Nigeria, menée principalement par Boko Haram et sa faction rivale, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a fait plus de 40.000 morts et deux millions de déplacés dans le nord-est du pays depuis 2009, selon l’ONU.

Divers groupes jihadistes se sont séparés ou ont émergé parallèlement à l’insurrection.

L’augmentation des attaques et des enlèvements a poussé le président Tinubu à déclarer fin novembre l’état d’urgence sécuritaire dans le pays et à augmenter les effectifs des forces armées et de police afin d’intensifier la lutte contre les criminels, qui trouvent en général refuge dans des zones forestières reculées et difficiles d’accès.

© AFP

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp