Le Niger a une ambition claire concernant son système éducatif : le numériser pour le rendre performant. Dans ce cadre, ce jeudi 8 janvier 2026, la ministre de l’Éducation Nationale, Dr Élisabeth Shérif, a inspecté dans les entrepôts de la société UNOPS à Niamey un stock considérable de matériel technologique destiné aux écoles du pays. Soixante-dix-sept tonnes d’équipements, pour être précis.
L’inventaire donne le vertige : 2045 ordinateurs tout-en-un, autant d’onduleurs, 585 portables, 225 imprimantes noir et blanc. Sans oublier 18 écrans interactifs, 18 kits datacup, 9 kits de visioconférence. Mais la pièce maîtresse reste ces 13.000 tablettes numériques qui vont irriguer l’ensemble du réseau éducatif. Un kit serveur complet et 2024 licences Microsoft Office de trois ans viennent compléter ce dispositif technique.
L’opération s’appuie sur le Projet Niger-Lire, financé en partie par la Banque mondiale. Lancé en juin 2021 avec un budget initial de 140 millions de dollars, ce programme vise la transformation profonde du système éducatif nigérien. Le gouvernement a reçu par la suite un financement additionnel de 230 millions de dollars en juin 2023, portant l’enveloppe totale à 370 millions de dollars.
Le ministère précise dans son communiqué que ce matériel entre dans le cadre de la modernisation du système éducatif à travers l’utilisation du numérique, « qui fait partie des grandes orientations des plus hautes autorités de notre pays ».
Ces équipements seront répartis entre établissements scolaires, structures administratives déconcentrées et institutions de formation. Élèves, enseignants, encadreurs pédagogiques et cadres concepteurs pourront en bénéficier. L’objectif reste clair : améliorer la qualité des enseignements tout en développant l’enseignement à distance.
Cette dernière dimension revêt une importance particulière. Plusieurs régions nigériennes connaissent des perturbations sécuritaires rendant difficile l’enseignement en présentiel. La continuité éducative dans ces zones affectées par les crises devient ainsi possible grâce au numérique. Enfin, presque.
Le défi demeure grand. Selon les données du Partenariat mondial pour l’éducation, plus d’un enfant nigérien sur deux entre 7 et 12 ans demeure non scolarisé. À la sortie du primaire, seuls 30% des élèves maîtrisent les compétences de base en lecture. Le taux d’abandon en sixième année atteint 33% pour les filles et 28% pour les garçons.