Le 30 janvier 2026, le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a pris la parole sur une situation au Niger.
Concrètement, deux attaques terroristes en moins de deux semaines avaient précédé cette déclaration. Une au village de Bosiye, le 18 janvier, où 31 civils ont perdu la vie. Une autre contre la base aérienne 101 de Niamey, dans la nuit du 28 au 29 janvier. Bref, le Niger traversait une période tendue.
Dans son communiqué, le Président de la Commission a condamné ces actes avec fermeté, les qualifiant de « actes odieux », perpétrés par « des groupes extrémistes violents visant délibérément les populations civiles ainsi que les infrastructures publiques ».
Il a ensuite rendu hommage à la réaction des forces de sécurité nigériennes lors de l’assaut contre l’aéroport Hamani Diori, décrivant leur intervention comme « rapide et professionnelle ». Les assaillants, une dizaine de motards armés selon les premiers récits, ont été repoussés en moins de trente minutes. Quatre soldats ont été blessés. Trois avions privés stationnés sur le tarmac ont été endommagés, ainsi qu’un stock de munitions détruit.
La déclaration ne s’est pas arrêtée à la condamnation. Le Président de la Commission a noté les « résultats significatifs » de l’opération militaire récemment conduite par les Forces armées nigériennes dans la région de Tillabéri.
Cette opération, baptisée « Borkono », s’est déroulée du 4 au 11 janvier 2026. Elle a permis de neutraliser plus de cinquante éléments armés et de récupérer plusieurs centaines de têtes de bétail volées aux populations locales, selon un bulletin officiel de l’armée nigérienne rapporté par ActuNiger.
Enfin, la solidarité exprimée envers le peuple nigérien et les familles des victimes a été au cœur du message. Le terrorisme et l’extrémisme violent sont, selon Mahmoud Ali Youssouf, « une menace grave pour la paix, la stabilité et l’intégrité territoriale des États concernés ». La Commission a réaffirmé sa disponibilité à accompagner Niamey dans la lutte contre ces groupes, en coordination avec les pays de la région.
Le contexte, pour rappel, reste préoccupant. La région de Tillabéri, située dans la zone dite des trois frontières entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso, a enregistré plus de 1 200 décès en 2025, dont une majorité de civils, selon un bilan de données publiées par Jeune Afrique.
Les groupes actifs dans la zone sont nombreux : le JNIM, filiale sahélienne d’Al-Qaïda, et l’État islamique, qui a revendiqué l’attaque contre l’aéroport de Niamey le 30 janvier. Les Forces armées nigériennes poursuivent leurs opérations, notamment celles menées sous le nom d’opération Niya, visant à démanteler les réseaux logistiques qui alimentent ces groupes dans les zones rurales.