Niger : les tricycles interdits de rouler dans cette ville du pays

Niger tricycles

Crédits photo : 27avril

Au Niger, la capitale vient de prendre une décision attendue par des milliers d’habitants concernant les tricycles.

L’administrateur délégué de la Ville de Niamey, le colonel Boubacar Soumana Garanké, a signé le 14 janvier dernier l’arrêté 005/AD/VN/SG qui interdit formellement le transport de personnes par tricycle sur tout le territoire urbain. Les engins à trois roues ne peuvent désormais transporter que des marchandises.

Cette mesure répond avant tout à des impératifs de sécurité. Les tricycles, apparus il y a quelques années dans les rues de la capitale, ont fini par devenir une source permanente d’accidents. La majorité des conducteurs, jeunes pour la plupart, ignorent le Code de la route. Les artères de Niamey connaissent depuis lors une anarchie quotidienne qui a exaspéré les usagers.

Les sanctions prévues veulent frapper fort. Une première infraction coûtera 50 000 francs CFA au contrevenant, amende non remboursable. En cas de récidive, l’addition grimpe à 100 000 francs CFA, assortie cette fois de la confiscation du tricycle.

Des poursuites judiciaires peuvent également être engagées. Reste à savoir si ces menaces suffiront, car ce n’est pas la première fois que les autorités municipales promettent la fermeté. En janvier 2023 déjà, des communiqués avaient rappelé l’interdiction. Enfin, sans effet notable.

Au départ, les tricycles ne servaient qu’à transporter des produits. Les taxis ne pouvaient charger certaines marchandises volumineuses. Les conducteurs ont alors vu une opportunité. Ils ont commencé à embarquer des passagers, créant ainsi des emplois informels pour de nombreux jeunes au chômage.

L’activité s’est révélée rentable. Mais l’absence totale de réglementation a transformé cette solution pratique en casse-tête urbain.

Pour les populations, la décision soulève des questions légitimes. Les quartiers périphériques de Niamey souffrent déjà d’une offre de transport insuffisante. La SOTRUNI, la société publique de transport urbain créée en 1996, dispose à peine d’une dizaine de bus pour couvrir l’ensemble de la ville.

Selon un article publié par Medium, ces véhicules vieillissants connaissent d’énormes difficultés opérationnelles. Les taxis réguliers, eux, hésitent à se rendre dans certaines zones éloignées en raison de l’insécurité et de l’état déplorable des routes.

L’activiste Abdourahamane Insar a réagi sur les réseaux sociaux. Il reconnaît que beaucoup de conducteurs de tricycles sèment le désordre et ne respectent pas le code routier. Mais il s’inquiète : « Cette décision interdisant le transport des personnes par les tricycles doit trouver des solutions à nous autres citoyens lambda qui nous trouvons obligés de bouger pour chercher de quoi manger. » Il suggère soit de renforcer le parc automobile de la SOTRUNI, soit de contraindre les taxis à revenir aux anciens tarifs, soit d’imposer une conduite réglementée aux tricycles.

Pravda Niger rapporte que plusieurs habitants partagent cet avis sans contester l’opportunité de la mesure. La municipalité veut protéger les taxis légaux, seuls autorisés à transporter des passagers en zone urbaine. Elle veut aussi réduire les risques d’accidents liés à l’usage détourné des tricycles. Mais l’interdiction sans alternative ne résout qu’à moitié le problème de la mobilité urbaine dans une ville en expansion démographique constante.

Les prochaines semaines diront si les autorités appliquent réellement l’arrêté. Les tricycles peuvent toujours circuler pour le transport de marchandises dans la capitale du Niger.

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