Niger : le patron de presse Ali Soumana libéré après 4 mois de détention

Niger le patron de presse Ali Soumana libéré après quatre mois de détention

Au Niger, Ali Soumana, le directeur d’un important hebdomadaire, Le Courrier, a été remis en liberté jeudi après plus de quatre mois de détention préventive, a annoncé ce vendredi 23 janvier 2026, son journal.

Le Niger est dirigé depuis plus de deux ans par un régime militaire dont la répression des voix discordantes est régulièrement dénoncée par des ONG internationales.

Dans un article publié fin août 2025, le Courrier avait évoqué une affaire de « fraude de cigarettes » portant sur « plusieurs milliards de francs CFA » (plusieurs millions d’euros), citant plusieurs personnalités dont le Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine, qui avait porté plainte.

Ali Soumana avait été inculpé le 8 septembre notamment pour « diffamation et diffusion d’informations de nature à troubler l’ordre public ».

Écroué à la prison de Say, à une cinquantaine de kilomètres de Niamey, le journaliste était également accusé d’« atteinte à la dignité humaine ».

« Ali Soumana a été libéré hier soir (jeudi) de la prison après plus de quatre mois de détention », a indiqué à l’AFP la rédaction de son journal.

On ignore pour le moment les circonstances de sa libération.

Selon l’ONU, 13 journalistes dont M. Soumana avaient été arrêtés en 2025 sous des accusations de diffamation, d’atteinte à la sécurité nationale et de complot contre l’autorité de l’État, en vertu de la loi révisée sur la cybercriminalité adoptée en juin 2024.

En juin, deux journalistes de la radio privée Sahara FM, arrêtés début mai à Agadez (nord), ont été incarcérés pour « atteinte à la défense nationale » et « complot contre l’autorité de l’État ».

En septembre, la justice nigérienne avait condamné à 30 mois de prison de ferme Hassane Zada, journaliste et figure de la société civile, pour « propos injurieux » à l’encontre du chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani.

En novembre, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait appelé les autorités du Niger à libérer tous les journalistes détenus dans le pays et « mettre fin à toutes les procédures qui excèdent les limites strictes fixées par le droit international » en matière de droits humains.

Selon l’ONG Amnesty International, les violations des droits civils et politiques ont augmenté au Niger depuis le putsch.

Le Niger est en 83e position sur 180 pays dans le classement de la liberté de la presse de l’ONG Reporters sans Frontières. Il a reculé de trois places en 2025.

Avec AFP

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