Au Niger, la situation des ménages agricoles devient de plus en plus préoccupante malgré une campagne agropastorale 2025 jugée globalement favorable.
Dans une analyse publiée en janvier 2026, la FAO alerte sur l’ampleur des besoins en assistance agricole d’urgence à travers le pays.
2 millions de personnes en difficulté au Niger selon la FAO
Dans le cadre du dispositif DIEM, des experts de la FAO ont fait une étude en fin 2025 pour voir comment vont les agriculteurs au Niger. Et le constat est sérieux.
Ils ont découvert qu’environ 290 000 familles d’agriculteurs, soit plus de 2 millions de personnes, ont besoin d’aide urgente.
Ça veut dire qu’elles ont du mal à produire, à manger correctement ou à survivre à cause de problèmes comme la sécheresse, les conflits ou la pauvreté.
Le dispositif DIEM est un système qui collecte régulièrement des infos dans les pays où les gens ont faim.
Les experts se rapprochent des gens pour poser des questions sur leur vie, leur agriculture, leur nourriture et leurs besoins.
Toutes ces infos sont ensuite mises à jour souvent et partagées sous forme de tableaux, cartes ou rapports. Ça permet aux organisations de voir rapidement où il y a des problèmes et d’agir plus vite.
Tillabéri, la localité la plus touchée
Selon les données issues du dispositif DIEM, environ 2,1 millions de personnes représentant 9 % de la population, ont besoin d’un appui urgent pour préserver leur sécurité alimentaire.
Cette estimation exclut la communauté urbaine de Niamey et met en évidence une forte concentration des besoins dans certaines régions.
Tillabéri arrive en tête avec plus de 81 000 ménages concernés, suivie de Zinder avec plus de 70 000 et de Tahoua avec plus de 61 000. Les régions de Maradi et de Dosso enregistrent également des niveaux élevés de vulnérabilité.
Derrière ces chiffres, plusieurs facteurs expliquent la fragilité des ménages. Les chocs économiques constituent la principale cause, touchant plus de la moitié des foyers concernés.
La baisse des revenus, la hausse des prix ou encore l’accès limité aux ressources productives aggravent leur situation.
À cela s’ajoutent les perturbations de la production agricole, qui affectent 36 % des ménages, ainsi que les aléas climatiques et les catastrophes naturelles.
L’insécurité, bien que touchant une proportion plus réduite, reste un facteur déterminant, notamment dans les régions de Tillabéri, Diffa et Dosso.
L’étude souligne également que 53 % des ménages en difficulté ont été exposés à des conflits ou à des situations d’insécurité au cours de l’année précédant l’enquête.
Cette réalité, combinée à des facteurs structurels comme le faible niveau d’équipement, la précarité des habitats et l’éloignement des services de base, renforce considérablement leur vulnérabilité.
Fait marquant, ces difficultés persistent en dépit de conditions agroclimatiques relativement favorables en 2025.
Ainsi, 78 % des éleveurs en situation de besoin déclarent une diminution de la taille de leur cheptel, tandis que 75 % des agriculteurs signalent des récoltes inférieures à une année normale. Ces chiffres traduisent l’ampleur des défis structurels auxquels fait face le secteur agricole nigérien.
Face à cette situation, la FAO insiste sur la nécessité d’une réponse rapide et ciblée afin de soutenir les moyens de subsistance des populations rurales.
L’objectif est non seulement de répondre à l’urgence, mais aussi de renforcer la résilience des ménages face aux chocs futurs et de garantir durablement leur sécurité alimentaire.
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