Niger / Attaque à Niamey : le président Tiani menace ouvertement Macron, Talon et Ouattara

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Crédits photo : Cellule de communication de la CNSP / ANP

Après l’attaque à l’aéroport de Niamey au Niger, ce sont les présidents Macron, Talon et Ouattara qui trinquent. Et pour cause, le président de la transition Tiani les pointent du doigt.

Pour rappel, les forces de défense du Niger ont repoussé une attaque nocturne contre l’aéroport international Diori Hamani dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026.

Vingt assaillants ont été neutralisés. Le président Abdourahamane Tiani s’est rendu jeudi sur place pour féliciter ses troupes et accuser trois chefs d’État d’avoir commandité l’opération.

L’assaut a débuté peu après minuit. Des habitants du quartier de l’aéroport rapportent avoir entendu des tirs nourris et des détonations pendant environ trente minutes. Sur des images filmées par des riverains, on distingue des traînées lumineuses dans le ciel noir, probablement des tirs de défense antiaérienne. D’autres vidéos montrent des flammes hautes de plusieurs mètres et des véhicules calcinés, bien que ces images n’aient pu être vérifiées de manière indépendante.

Le site visé revêt une importance particulière. L’aéroport abrite la base aérienne 101, une base de drones et le quartier général de la Force unifiée créée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Une cargaison d’uranium d’au moins mille tonnes y est entreposée depuis plusieurs semaines. Le périmètre se trouve à une dizaine de kilomètres de la présidence.

D’après le ministère de la Défense, la riposte a permis de neutraliser vingt assaillants et d’en arrêter onze autres. Quatre militaires ont été blessés. Bref, l’opération s’est soldée par un échec pour les attaquants. Trois avions civils stationnés sur le tarmac ont été touchés par des tirs lors de la fuite des assaillants, dont un Airbus A319 d’Air Côte d’Ivoire. Aucun passager ni membre d’équipage n’a été blessé.

Le général Tiani a salué « la prompte réaction » des forces de sécurité devant les soldats rassemblés sur le site. « Cette réaction rapide a permis, dans les vingt minutes qui suivent, de mettre l’ennemi totalement en déroute », a-t-il déclaré selon la radio publique La Voix du Sahel. Il a également félicité « les partenaires russes qui ont défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité ».

Puis le président nigérien a haussé le ton. Il a désigné nommément trois dirigeants qu’il accuse d’avoir soutenu les assaillants. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara, que nous les avons suffisamment écoutés aboyer et qu’ils s’apprêtent, eux aussi, à leur tour, à nous écouter rugir », a-t-il averti. Le chef de l’État nigérien n’a fourni aucune preuve à l’appui de ces accusations.

La France, le Bénin et la Côte d’Ivoire n’ont pas réagi à ces allégations. Les relations entre Niamey et Paris demeurent glaciales depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 qui a porté la junte militaire au pouvoir. Enfin, le Niger accuse régulièrement le Bénin de tentatives de déstabilisation, ce que Cotonou dément systématiquement.

Cette attaque survient dans un contexte sécuritaire préoccupant. Selon l’ONG ACLED, les violences jihadistes ont fait près de deux mille morts au Niger en 2025. Le pays fait face aux actions du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ainsi qu’à l’État islamique au Sahel dans sa partie ouest.

Le président Tiani a conclu son intervention en appelant la population à soutenir les forces de sécurité et à signaler tout comportement suspect. La vigilance du Niger face aux tentatives d’ingérence extérieure reste, selon lui, totale.

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