Naturalisation des descendants Africains : le Ghana prend une importante décision

Naturalisation des descendants Africains : le Ghana prend une importante décision

Crédit Photo : cnews

Le Ghana a temporairement suspendu les demandes de citoyenneté pour les descendants d’Africains afin, selon les autorités, de faciliter cette procédure qui a permis de délivrer un millier de passeports ghanéens en dix ans, dont certains à des stars internationales.

Le ministère de l’Intérieur et le Bureau des affaires de la diaspora du président (DAOOP) ont déclaré dimanche dans un communiqué que cette pause visait à rendre le processus « plus accessible » et « plus efficace » pour les candidats du monde entier.

Le gouvernement n’a pas précisé quand le processus de demande de citoyenneté reprendrait ni quelles en seront les nouvelles modalités.

La côte ghanéenne fut l’un des principaux points de départ de la traite négrière vers l’Amérique entre les XVe et XVIIIe siècles.

Le pays avait commencé en 2016 à délivrer des passeports à des membres de sa « diaspora historique », qui comprend les descendants d’Africains réduits en esclavage ainsi que ceux dont les aïeux africains ont volontairement émigré aux XIXème et XXème siècles.

Cette initiative a connu une accélération dès 2019 lorsque le gouvernement a lancé un programme incitant les Afro-américains à renouer avec leurs racines et à venir dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, au point de déclarer la diaspora africaine « 17e région » du pays.

Près d’un millier de passeports ont été délivrés en dix ans, dont à des stars internationales comme Stevie Wonder et Yandy Smith ou encore l’influenceur IShowSpeed qui a obtenu la citoyenneté ghanéenne fin janvier à l’issue de sa tournée africaine suivie par des dizaines de millions d’internautes.

Pour Erieka Bennet, ambassadrice du Forum de la diaspora africaine, une ONG panafricaine dédiée aux diasporas, cette suspension n’est qu’une simple pause procédurale.

« La suspension signifie essentiellement qu’ils réexaminent le processus », a-t-elle affirmé à l’AFP.

« Ce gouvernement est très engagé à soutenir la diaspora historique et l’a toujours fait. Je suis convaincue qu’il continuera à le faire », a-t-elle ajouté.

Selon Mme Bennet, les longues procédures de vérification de l’ADN et les frais de dossier (au-delà de 2.000 dollars) font partie des raisons invoquées pour justifier cette révision.

De son côté, Ishmael Hlovor, analyste en relations internationales, craint que les nouvelles règles restreignent au contraire l’accès à la citoyenneté ghanéenne « au lieu du cadre très large que le Ghana offrait jusqu’à présent », notamment en imposant « de nouvelles exigences pour prouver son ascendance ».

© Agence France-Presse

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