Le constructeur automobile, Mercedes-Benz, va-t-il se lancer dans la fabrication des armes ? Le patron de la firme ne ferme pas toutefois la porte à cette éventualité. Dans un récent entretien au journal américain Wall Street Journal, le président du directoire de Mercedes-Benz, le Germano-Suédois, Ola Källenius, a estimé possible le fait que le constructeur automobile se mette à fabriquer les armes au vu des dernières tensions à travers le monde.
«Le monde est devenu plus imprévisible, et je pense qu’il est tout à fait clair que l’Europe doit renforcer son profil en matière de défense. Si nous sommes en mesure de jouer un rôle positif dans ce domaine, nous serions prêts à le faire», a confié Ola Källenius.
Ces propos interviennent dans un contexte de réarmement de l’Allemagne. L’industrie allemande de défense profite à plein de cette tendance, comme l’illustre la montée en puissance ces dernières années de Rheinmetall.
En revanche les constructeurs automobiles allemands, comme Mercedes-Benz ou Volkswagen, traversent une crise majeure, coincés entre droits de douane et rude concurrence chinoise.
Fin mars, le patron d’un autre géant de l’automobile allemande, Volkswagen, Oliver Blume, avait dit être «en contact» avec des entreprises d’armement, actives notamment dans la défense antimissile, pour reconvertir une de ses usines allemandes dans la production d’équipements de transport militaires. Selon le Financial Times, les discussions ont lieu avec la société Rafael Advanced Defence Systems, qui a conçu le Dôme de fer israélien.
Interrogée au sujet de l’interview d’Ola Källenius, une porte-parole de Mercedes Benz a souligné que le groupe «fournit depuis de nombreuses années des châssis à des entreprises spécialisées qui les équipent et les commercialisent sous leur propre responsabilité et sous leur propre marque pour des applications militaires».
«Nos activités dans le domaine de la sécurité et de la défense constituent un axe de développement stratégique que nous continuerons à développer activement, en collaboration avec nos partenaires», a-t-elle ajouté.
M. Källernius n’a pas donné de détails précis, dans son entretien au Wall Street Journal, sur les types de produits que Mercedes Benz pourrait fabriquer.
Il a prédit que ce type d’activités liées à la défense ne représenteraient qu’une part «mineure de l’activité» de Mercedes Benz par rapport à la fabrication de voitures et de fourgonnettes, mais elles pourraient être «un créneau en pleine croissance susceptible de contribuer également aux résultats commerciaux» du groupe.
Avec AFP