Au Maroc, de graves conséquences apparaissent avec la grève entamée par les avocats. Les tribunaux tournent en effet au ralenti depuis plusieurs semaines. Cette situation résulte donc d’une grève illimitée entamée par les avocats du Royaume. Ils protestent contre le projet de loi n° 66.23 sur leur profession. Ce texte encadre notamment l’indépendance des avocats face au ministère de la Justice.
Selon Le360, les audiences sont reportées en masse dans plusieurs juridictions. À Casablanca, la majorité des dossiers glisse désormais vers le mois de septembre. Les personnes en détention préventive restent parfois incarcérées plus longtemps que prévu. Sans représentation légale, leur dossier ne peut avancer devant le tribunal.
Les familles des justiciables subissent aussi des conséquences financières directes. Certaines parcourent des centaines de kilomètres pour assister à une audience reportée. Les frais de transport et d’hébergement s’accumulent sans résultat concret. Pour les foyers modestes, chaque déplacement représente une charge supplémentaire.
Face à cette situation, des associations de défense des consommateurs s’inquiètent. Le président de l’Observatoire marocain pour la protection du consommateur alerte sur ce blocage. Selon lui, les justiciables ne sont pas parties prenantes de ce conflit institutionnel. Il réclame l’ouverture d’un dialogue sérieux entre le gouvernement et les barreaux.
Du côté des avocats, la mobilisation ne faiblit pas pour autant. Selon H24info, l’Association des barreaux du Maroc maintient sa grève sans limite de durée. L’organisation confirme l’arrêt complet des services professionnels dans tout le Royaume. Elle annonce aussi la suspension totale de l’aide judiciaire pour les revenus modestes.
Un sit-in national est prévu le lundi 6 juillet à Rabat. Les bâtonniers et les membres des conseils de l’ordre y sont attendus. Cette mobilisation vise à maintenir la pression sur le ministère de la Justice. Les avocats dénoncent un texte qu’ils jugent contraire à leur indépendance.
Le projet de loi n° 66.23 modifie plusieurs aspects du métier d’avocat. Il touche notamment à la tutelle disciplinaire exercée par le ministère de la Justice. Les avocats redoutent aussi l’ouverture de leur marché aux confrères étrangers. Ils réclament, en retour, une connaissance du droit marocain et de la langue arabe pour ces professionnels.
Le parcours législatif du projet de loi connaît lui aussi des rebondissements. La Chambre des représentants a rétabli la limite d’âge d’accès à la profession à 45 ans. La Chambre des conseillers avait pourtant porté cette limite à 50 ans plus tôt. Ce désaccord entre les deux chambres relance donc la procédure parlementaire.
Cette confrontation ne date pas d’hier entre les avocats et l’exécutif. Un premier mouvement de grève avait déjà paralysé la justice en janvier. Le dialogue avec le gouvernement avait alors permis une pause dans le conflit. Mais des points de désaccord ont fini par relancer la contestation.
Ce climat intervient à quelques mois des élections législatives prévues en septembre. Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, arrive en fin de mandat. Cette échéance politique ajoute une pression supplémentaire sur l’issue du dossier. Personne ne sait si la réforme aboutira avant le changement de gouvernement.
Pour les justiciables, comprendre ce blocage aide à anticiper certaines formalités. Les procédures liées aux pensions alimentaires connaissent aussi des retards. Mieux vaut se renseigner directement auprès des tribunaux avant tout déplacement. Les avocats eux-mêmes recommandent de vérifier les dates d’audience par téléphone. Cette précaution évite un déplacement inutile vers le tribunal. Certains dossiers resteront en attente tant que la grève se poursuit.
En attendant une issue, aucune reprise des audiences n’est annoncée. Le dialogue entre le gouvernement et les avocats reste, pour l’instant, suspendu. Les prochains jours diront si la mobilisation du 6 juillet change la donne. D’ici là, des milliers de dossiers restent en attente d’une audience.
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