Bamako, la capitale du Mali, a connu ce lundi 26 janvier 2026 l’ouverture du festival Ogobagna. La Place du Cinquantenaire a servi de théâtre à cette onzième édition consacrée à la rencontre entre les cultures maliennes. Les festivités se poursuivront jusqu’au 1er février sous le regard de milliers de spectateurs attendus.
Le ministre Mamou Daffé a présidé la cérémonie. Autour de lui se pressaient l’ancien président par intérim Dioncounda Traoré, des ambassadeurs accrédités au Mali et des représentants de communautés venues de tout le pays. Enfin, cette présence officielle traduit l’importance accordée par les autorités à cet événement culturel qui rassemble chaque année les différentes composantes de la société malienne.
La communauté bozo tient le rôle d’invitée d’honneur cette année. Son représentant Almamy Koureichy a exprimé sa gratitude pour cette reconnaissance. Les Bozos, pêcheurs traditionnels établis le long du fleuve Niger, partageront durant une semaine leur patrimoine à travers la gastronomie, les danses et les savoir-faire ancestraux. Selon Mali 24, un quartier entier leur sera dédié au sein du site du festival pour présenter leur mode de vie intimement lié au fleuve.
Le thème retenu place la culture au centre des réponses aux défis contemporains. « Culture du Mali : dialogue, créativité et résilience pour un développement durable » définit l’orientation de cette édition. Nouhoum Tapily, président de l’association Guina Dogon organisatrice de l’événement, a appelé les participants à s’approprier les activités prévues. Les conférences, les causeries intergénérationnelles et les soirées de cohésion sociale rythmeront les journées.
Les prestations artistiques ont donné le ton dès l’ouverture. Les troupes bozo et dogon ont présenté leurs danses traditionnelles devant un public conquis.
La danse des masques, élément central de la spiritualité dogon, a particulièrement retenu l’attention. Ces masques sculptés dans le bois incarnent des forces spirituelles et jouent un rôle fondamental lors des cérémonies funéraires appelées dama.
Le festival reproduit un village éphémère au cœur de la capitale. La place du Hogon, le Toguna, le quartier des Tamasheks et un musée ont été aménagés pour immerger les visiteurs dans les réalités culturelles du pays. Bref, cette architecture temporaire transforme l’espace urbain en lieu de transmission des savoirs. Plus de trente mille personnes sont attendues durant la semaine, dont près de deux cents festivaliers venus de l’intérieur du pays.
L’association Guina Dogon porte ce projet depuis 2016. Elle vise à promouvoir la culture dogon tout en favorisant le dialogue avec les autres communautés. Le festival a progressivement élargi sa portée au fil des éditions. L’UNESCO a accompagné l’événement lors de précédentes éditions, reconnaissant sa contribution à la préservation du patrimoine immatériel malien.