La Chambre criminelle spécialisée de la Cour d’Appel de Bamako a reporté ce jeudi 6 février 2026 son délibéré concernant l’affaire des marchés d’armes paramount.
Le magistrat Samba Tamboura a ordonné un supplément d’information dans le dossier Paramount-Embraer. L’audience reprendra le vingt-trois mars prochain.
Le président de la chambre a motivé cette décision par la nécessité de procéder à de nouvelles investigations.
« Il s’agit de procéder à l’audition du procès-verbal du contrôleur général et d’écrire à la société ‘Paramount’ pour pouvoir obtenir son point de vue », a-t-il précisé selon l’Agence Malienne de Presse. Bref, la cour entend recueillir des éléments complémentaires avant de rendre son jugement définitif.
Huit accusés sur les dix-huit inculpés ont recouvré la liberté provisoire. Le juge Tamboura a expliqué les conditions de cette libération : « Ceux qui font déjà l’objet d’une condamnation doivent rester et tous les autres sont libres en attendant le 23 mars 2026, mais vous resterez à la disposition de la justice. » Les personnes concernées ont quitté la salle d’audience jeudi en fin d’après-midi.
Selon Jeune Afrique, le procès implique d’anciens hauts responsables du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta. L’ex-Premier ministre Boubou Cissé, actuellement en exil, fait partie des accusés absents.
Le parquet a requis contre lui la réclusion criminelle à perpétuité le vingt-six janvier dernier. Mamadou Igor Diarra, Tiéman Hubert Coulibaly et Babaly Bah encourent la même peine.
Les prévenus sont poursuivis pour faux et usage de faux, atteinte aux biens publics, blanchiment de capitaux et complicité. L’affaire concerne l’acquisition de véhicules blindés auprès de la société sud-africaine Paramount LTD et d’avions pour l’armée de l’air auprès du brésilien Embraer. Ces contrats avaient été signés en octobre deux mille quinze.
Le dossier remonte à l’adoption de la loi d’orientation et de programmation militaire. Des sommes colossales ont été engagées. Les autorités judiciaires dénoncent des surfacturations et des irrégularités procédurales.
L’État malien a versé onze milliards de francs CFA à Paramount selon les pièces du dossier. Les livraisons effectuées représentent huit milliards de francs CFA, comprenant huit véhicules blindés, la réparation de deux avions et la formation de pilotes. Enfin, un solde de trois virgule sept milliards reste dû par Paramount à l’État. Le contrat demeure bloqué depuis décembre deux mille dix-neuf sans avoir été formellement résilié.