L’ONU alerte sur l’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et centrale

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Environ 55 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et centrale sont menacées cette année par une grave insécurité alimentaire, des populations souffrant déjà de la faim comme dans l’État de Borno au Nigeria, a indiqué l’ONU vendredi 16 janvier 2026.

Les violences qui sévissent dans toute la région ont déclenché une crise alimentaire exacerbée par les réductions de l’aide humanitaire, a déclaré le Programme alimentaire mondial (PAM).

Le PAM a précisé avoir dû réduire drastiquement son aide alimentaire dans la région face à l’épuisement des fonds.

En Afrique de l’Ouest et centrale, « 55 millions de personnes seront confrontées à une grave insécurité alimentaire » entre juin et août 2026, a déclaré un responsible du PAM, Jean-Martin Bauer, au cours d’une conférence de presse à Genève.

Ces personnes sont en situation de crise, d’urgence et de catastrophe alimentaire, les trois niveaux les plus critiques sur les cinq utilisés pour évaluer l’insécurité alimentaire.

Le nombre de personnes en situation d’urgence a doublé depuis 2020, atteignant trois millions, a ajouté le responsable du PAM.

Et 15.000 personnes dans certaines zones de l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, sont en situation de catastrophe, un niveau atteint pour la première fois en dix ans.

Ces personnes sont « au bord de la fame », a déclaré M. Bauer qui s’exprimait depuis le siège du PAM à Rome. « Cela signifie que des gens meurent (…) que des gens souffrent de la faim ».

L’Etat de Borno est l’épicentre d’une insurrection jihadiste qui a débuté en 2009. Ce conflit a fait plus de 40.000 morts et environ deux millions de déplacés dans le nord-est du pays, et s’est étendu aux pays voisins.

– « Vide humanitaire » –

La saison des pluies en Afrique de l’Ouest, qui s’est achevée en octobre, a été relativement favorable pour les cultures.

« Les vulnérabilités que nous observons en Afrique de l’Ouest et centrale actuellement sont vraiment dues à la violence », et non au climat, a-t-il insisté.

Elles sont également causées par « de fortes réductions du financement des systèmes centraux qui soutiennent la population », a ajouté le responsible.

Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont effectué des coupes drastiques dans l’aide étrangère, et d’autres importants pays donateurs ont également revu leur financement à la baisse.

L’an dernier, pour cette raison, le PAM a cessé de porter assistance à quelque 300.000 enfants au Nigeria et pourrait devoir réduire son aide pour 500.000 personnes au Cameroun, selon M. Bauer.

Au Nigeria, le PAM prévoit de fournir une aide à 72.000 personnes le mois prochain, contre environ 1,3 million par mois en 2025.

La situation s’est « tellement détériorée que, dans certains endroits, on peut parler d’un vide humanitaire, les agences humanitaires s’étant retirées de la ligne de front », a affirmé M. Bauer.

Pour les six prochains mois, le PAM a besoin de 453 millions de dollars pour mettre en œuvre ses programmes dans la région. S’ils ne sont pas financés, « ce que nous observons, c’est une très rapide baisse des indicateurs de consommation alimentaire au niveau des ménages », a encore souligné M. Bauer.

RJM/NL/JHB/SBA/ALV/AM/MR

© Agence France-Presse

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