Cette mesure avait été annoncée en février à l’issue d’un conseil des ministres ayant lancé un vaste projet de réforme constitutionnelle qui vise à permettre au président Emmerson Mnangagwa de prolonger son mandat.
« Cette mesure de l’exécutif reflète un engagement profond en faveur de la justice réparatrice, de la compassion de la nation et de la décongestion stratégique des établissements pénitentiaires », a justifié lundi lors d’une conférence de presse Ziyambi Ziyambi, par ailleurs secrétaire général de la Zanu-PF, le parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1980.
Environ 24.000 personnes étaient incarcérées au Zimbabwe mi-2025, selon les derniers chiffres diffusés par l’institut national de statistiques, ZimStat.
La « plupart » des prisonniers libérés avaient purgé un tiers de leur peine au moment de la parution de la grâce au Journal officiel, a assuré le ministre.
La mesure ne s’applique toutefois pas aux crimes les plus graves, dont ceux de « conspiration » et d »incitation à la violence », des motifs de poursuite retenus contre des manifestants ou des activistes politiques dans le passé.
Le projet de loi constitutionnelle, qui prévoit notamment d’allonger le mandat présidentiel de cinq à sept ans, cristallise les critiques de l’opposition.
S’il ne mentionne pas le cas de l’actuel président, il intervient après la décision affichée par la Zanu-PF de le maintenir à la présidence jusqu’en 2030, alors que son deuxième et dernier mandat de cinq ans doit prendre fin en 2028.
Âgé de 83 ans, Emmerson Mnangagwa est arrivé au pouvoir en 2017 à la suite d’un coup d’État, après l’évincement par l’armée de Robert Mugabe, resté président pendant 30 ans.
Élu en 2018 puis réélu en 2023, le « Crocodile », comme il est surnommé, ne peut plus actuellement se représenter, ayant atteint la limite de deux mandats en vigueur depuis un référendum constitutionnel en 2013.