Alors que le Bénin figure parmi les producteurs d’ananas les plus connus d’Afrique de l’Ouest, une grande partie du potentiel commercial de ce fruit reste encore sous-exploitée sur le continent.
Selon une étude de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (UNCTAD), seulement 2,3 % de la valeur des exportations béninoises d’ananas frais ou séchés était destinée aux marchés africains en 2023. Pourtant, plusieurs pays voisins affichent une demande croissante pour ce produit et ses dérivés.
Le Togo, le Sénégal et le Maroc parmi les principaux clients
Entre 2016 et 2023, le Maroc, le Sénégal et le Togo ont représenté 63 % des exportations béninoises d’ananas frais ou séchés vers l’Afrique.
Concrètement, lorsqu’un producteur béninois exporte des ananas vers le continent, il y a de fortes chances que la marchandise soit destinée à l’un de ces trois pays.
Mais cette concentration montre aussi que de nombreux marchés africains restent largement inexplorés.
Au-delà du fruit frais, le potentiel du jus d’ananas
L’étude souligne que les opportunités ne concernent pas uniquement l’ananas vendu à l’état brut.
Les entreprises peuvent également gagner davantage en transformant le produit avant son exportation.
Par exemple :
- Un agriculteur vendant un ananas frais gagne une certaine somme ;
- Une PME qui transforme ce même ananas en jus embouteillé peut générer davantage de valeur ;
- Une entreprise produisant du jus concentré destiné à l’industrie agroalimentaire peut encore augmenter ses revenus.
Cette montée en gamme permet de créer plus de valeur ajoutée localement et davantage d’emplois dans la transformation, le conditionnement, le transport ou encore le marketing.
Pourquoi les entreprises peinent-elles à saisir ces opportunités ?
Malgré l’existence d’une demande régionale, plusieurs obstacles freinent les exportations.
Parmi les principales difficultés figurent :
- le manque d’équipements modernes de transformation ;
- l’insuffisance des infrastructures de conservation et de chaîne du froid ;
- les difficultés de transport vers certains marchés africains ;
- le respect des normes de qualité exigées par les pays importateurs ;
- l’accès limité aux financements.
Par exemple, une PME qui souhaite exporter du jus d’ananas vers un autre pays africain doit disposer d’installations permettant de conserver la qualité du produit tout au long du transport. Sans équipements adaptés, les pertes peuvent être importantes.
Une filière qui pourrait créer davantage de richesse
Pour les auteurs du rapport, le développement de la filière ananas passe par des investissements dans la transformation, la logistique et la qualité des produits.
Si ces défis sont relevés, les entreprises béninoises pourraient non seulement vendre davantage d’ananas en Afrique, mais aussi exporter des produits à plus forte valeur ajoutée, générant ainsi plus de revenus et d’emplois dans toute la chaîne de production.
Dans un contexte où les échanges commerciaux africains sont appelés à se renforcer grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’ananas pourrait devenir l’un des produits agricoles phares des exportations régionales du Bénin.