Un pays d’Afrique n’a pas eu peur de montrer les crocs aux États-Unis et à l’Europe.
En effet, la Tanzanie a affirmé ce 17 septembre 2024 sa souveraineté face aux pressions occidentales, dans un contexte de tensions politiques internes.
La présidente Samia Suluhu Hassan a réagi avec fermeté aux demandes d’enquête et aux critiques émanant des États-Unis et de l’Europe, suite à la découverte du corps mutilé d’Ali Mohamed Kibao, ancien dirigeant du principal parti d’opposition CHADEMA.
« Nous ne sommes pas ici pour qu’on nous dise comment gérer notre pays », a déclaré la présidente tanzanienne le 17 septembre, en réponse à l’appel de l’ambassade américaine pour une enquête indépendante sur ce meurtre.
Cette position a été renforcée face à une déclaration commune de l’Union européenne, du Royaume-Uni, du Canada, de la Norvège et de la Suisse, exprimant leurs inquiétudes quant aux « actes de violence, disparitions et décès de militants politiques et de défenseurs des droits de l’homme » dans le pays.
La présidente Hassan a souligné l’engagement de son gouvernement envers la sécurité nationale : « Nous avons juré de protéger la sécurité de la Tanzanie […], et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour renforcer la protection et la sécurité de la Tanzanie, car c’est notre responsabilité. Pour cette responsabilité, nous n’avons besoin d’aucune directive de qui que ce soit ».
Cette réaction met en lumière les tensions persistantes entre la Tanzanie et les puissances occidentales sur les questions de gouvernance et de droits humains.
Alors que les États-Unis et l’Europe cherchent à trouver une place plus importante en Afrique, le gouvernement de Dar es Salaam réaffirme son autonomie dans la gestion de ses affaires.
Cette situation soulève des questions sur l’équilibre délicat entre la souveraineté nationale et les préoccupations internationales en matière de droits humains.
Elle met également en évidence les défis auxquels sont confrontés les pays africains dans leurs relations avec les puissances occidentales, alors qu’ils cherchent à affirmer leur indépendance politique tout en maintenant des liens diplomatiques et économiques cruciaux.
L’affirmation de la Tanzanie pourrait influencer d’autres nations africaines dans leurs interactions avec l’Occident, potentiellement redéfinissant les dynamiques de pouvoir sur le continent.
Cette posture ferme de la Tanzanie face aux pressions extérieures pourrait marquer un tournant dans les relations entre l’Afrique, les États-Unis et l’Europe, exigeant une réévaluation des approches diplomatiques de part et d’autre.