Le Kenya appelle cette grande institution pour moderniser son système de santé

Kenya banque mondiale

Crédit Photo : BBC

À Nairobi, le 25 février 2026, le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, a reçu une délégation de la Banque mondiale pour évaluer les programmes sanitaires en cours et fixer de nouveaux axes de coopération. La rencontre a débouché sur une demande formelle d’appui technique et financier.

« Le Kenya cherche à mobiliser l’expertise de la Banque mondiale en matière de numérisation, à accélérer les résultats en santé maternelle et néonatale, et à renforcer les échanges de connaissances pour pérenniser les réformes en cours », a déclaré le ministre Duale à l’issue de la réunion. Le ton est posé, mais l’urgence sous-jacente ne l’est pas moins.

Le contexte impose en effet l’accélération. Selon l’enquête démographique et de santé du Kenya de 2022, le pays enregistre environ 355 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, et la mortalité néonatale s’établit à 21 décès pour 1 000 naissances. Des chiffres qui placent le Kenya au-dessus de la moyenne mondiale, malgré des progrès réels enregistrés ces dernières années. Bref, la marge de progression reste considérable.

Plusieurs mesures concrètes ont été annoncées lors de cette réunion. Nairobi prévoit d’abord la création d’une ligne téléphonique dédiée au signalement des décès maternels dans les établissements de santé, un outil de traçabilité simple, dont l’absence était jusqu’ici peu évoquée. Le gouvernement entend par ailleurs renforcer les capacités de l’Autorité kényane des médicaments et des fournitures médicales (KEMSA) pour améliorer la disponibilité continue des produits pharmaceutiques dans les structures de soins.

La délégation de la Banque mondiale a salué le déploiement de la Social Health Authority (SHA), présentée comme un pilier de la nouvelle architecture sanitaire du pays, destinée à étendre la couverture et l’accès aux soins. Cette structure a remplacé l’ancien fonds national d’assurance-maladie, le NHIF, dont les dysfonctionnements avaient été largement documentés.

La réunion a également porté sur le financement. Le Kenya a demandé une extension du programme HEPRR (Health Emergency Preparedness, Response and Resilience) jusqu’en septembre 2030, ainsi qu’un renforcement des sauvegardes et une accélération des décaissements. Enfin, Nairobi a confirmé son ambition d’obtenir la certification de niveau 3 de l’OMS d’ici juin 2026, ce qui renforcerait la crédibilité de ses systèmes de régulation des médicaments.

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