Le gouvernement Trump a annoncé ce mardi 13 janvier 2026 supprimer le statut protégeant les immigrants somaliens, dans le cadre d’une vaste campagne contre cette communauté au cœur d’un scandale de fraude dans l’Etat du Minnesota, où la police fédérale de l’immigration intensifie ses opérations.
« Les ressortissants somaliens bénéficiant d’un statut de protection temporaire (TPS) sont désormais tenus de quitter les États-Unis avant le 17 mars », précisent les services fédéraux de l’immigration sur X.
« Notre message est clair. Retournez dans votre pays ou nous vous y renverrons nous-mêmes », ajoute le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) sur le même réseau social.
Près de 4.000 personnes sont concernées par la suppression de ce statut, selon les chiffres des services fédéraux de l’immigration.
Depuis plusieurs semaines, l’administration Trump s’est saisie d’une vaste affaire de fraude aux aides publiques éclaboussant la communauté somalienne du Minnesota, la plus importante du pays avec environ 80.000 membres pour s’en prendre à elle et durcir sa politique migratoire.
Des opérations d’envergure de la police fédérale de l’immigration (ICE) sont menées dans cet Etat du nord, particulièrement à Minneapolis, sa plus grande ville. Elles ont donné lieu à quelque 2.000 arrestations.
« Intérêts nationaux »
Mercredi, une Américaine de 37 ans, Renee Nicole Good, y a été abattue par un agent de l’ICE alors qu’elle participait à une action pour gêner une de ces opérations. Son décès a déclenché d’importantes manifestations à travers le pays.
Donald Trump a immédiatement défendu la thèse de la légitime défense du policier, une version fermement contestée, en particulier par l’opposition locale démocrate, vidéos à l’appui.
Minneapolis et le Minnesota ont annoncé lundi poursuivre en justice l’administration Trump pour ces opérations. L’Illinois, autre Etat démocrate ciblé par l’offensive anti-immigration, à Chicago notamment, a lancé une procédure similaire.
Mardi, les Nations unies ont exigé une enquête « rapide, indépendante et transparente sur la mort » de Renee Nicole Good.
En novembre, le président américain avait annoncé sur les réseaux sociaux « mettre fin » au statut de protection temporaire, accordé aux ressortissants de pays touchés par des conflits armés ou des catastrophes naturelles, dont bénéficiaient les Somaliens.
« La situation en Somalie s’est améliorée », a argué la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem dans un communiqué mardi. « Permettre aux ressortissants somaliens de rester temporairement aux États-Unis est contraire à nos intérêts nationaux », a-t-elle ajouté.
Située dans la Corne de l’Afrique, la Somalie, ravagée par la guerre depuis près de 35 ans, est régulièrement classée parmi les pays les moins avancés du monde par les Nations unies. Le département d’État américain enjoint à « ne pas voyager » dans ce pays en raison des risques de terrorisme, d’enlèvements et de crimes violents.
« Vengeance »
Mardi, Donald Trump s’en est aussi pris, sur son réseau Truth Social, aux dirigeants démocrates du Minnesota qu’il accuse d’utiliser « les troubles que provoquent les anarchistes et les agitateurs professionnels » dans l’Etat pour « détourner l’attention » de l’affaire de détournement de fonds publics qui le touche.
« N’AIE PAS PEUR, GRAND PEUPLE DU MINNESOTA, LE JOUR DU JUGEMENT ET DE LA VENGEANCE ARRIVE! », a-t-il écrit.
Cette affaire aux ramifications multiples, rendue publique dès 2022, a débouché sur l’inculpation de 98 personnes, « dont 85 d’origine somalienne, » a indiqué la ministre de la Justice Pam Bondi fin décembre.
Dans le dossier principal, plus de 300 millions de dollars ont été détournés par des suspects qui ont obtenu des subventions pour distribuer à des enfants des repas gratuits, jamais servis dans la plupart des cas. A la fin du mois de décembre, plus de soixante personnes avaient été reconnues coupables .
Des élus républicains et le procureur fédéral chargé du dossier soupçonnent les autorités locales d’avoir fermé les yeux sur de nombreuses alertes.
Le gouverneur Tim Walz, colistier de Kamala Harris lors de l’élection présidentielle de 2024 rejette cette accusation.